
Points clés
- L’AUD/USD s’échangeait à 0,72430, en hausse de 0,00063 (+0,09 %), après un plus haut de séance à 0,72482.
- Le dollar australien (« Aussie ») gagnait 0,1 % à 0,7243 $, après avoir progressé de 0,7 % mercredi jusqu’à un plus haut de quatre ans à 0,7277 $.
- Les prix de marché suggèrent environ 20 % de probabilité d’une hausse de taux de la RBA en juin, 68 % d’ici août, et un taux proche de 4,60 % presque entièrement intégré pour septembre.
- L’Australie a enregistré son premier déficit commercial de biens depuis 2017, avec une forte hausse des importations liées aux centres de données et des livraisons de carburant.
Le dollar australien est resté proche de ses récents sommets jeudi, alors que l’appétit pour le risque (tendance des investisseurs à privilégier les actifs jugés plus risqués, comme les actions) demeurait solide. L’espoir d’une désescalade au Moyen-Orient, le repli du pétrole et la hausse des actions mondiales ont favorisé le retour vers les devises sensibles au cycle économique. L’Aussie, souvent vu comme un indicateur indirect de la croissance mondiale et de la confiance des marchés, a avancé de 0,1 % à 0,7243 $.
L’AUD/USD a gagné 0,7 % mercredi jusqu’à un sommet de quatre ans à 0,7277 $. Les prochains niveaux difficiles à franchir (zones où l’offre peut freiner la hausse) se situent sur les sommets de 2022 à 0,72825 $ et 0,7593 $. La paire approche donc d’une zone de rupture (« breakout », passage durable au-dessus d’une résistance), mais il faut encore une confirmation: des actions qui tiennent, une demande chinoise solide et un pétrole plus bas, pour que le marché valide un mouvement plus ample.
Le dollar néo-zélandais est resté bien orienté. Le NZD/USD s’est raffermi à 0,5960 $ après une hausse de 1,1 % la veille jusqu’à un plus haut de deux mois à 0,5991 $. Le support immédiat (niveau où les achats peuvent freiner la baisse) se situe à 0,5929 $, et la résistance (niveau où les ventes peuvent freiner la hausse) à 0,6012 $.
La baisse du pétrole réduit la pression inflationniste
Le repli des prix du pétrole a soutenu les obligations et les actifs risqués. Un brut moins cher limite le risque d’inflation élevée et réduit la pression sur les banques centrales pour continuer à relever les taux. Les rendements australiens à 10 ans (taux implicite des obligations d’État à 10 ans) sont retombés à 4,921 % après un pic à 5,087 % la semaine dernière.
C’est important pour l’AUD/USD, pris entre deux forces. L’appétit pour le risque soutient la devise. Des taux domestiques plus élevés la soutiennent aussi. Mais si l’inflation augmente trop à cause des coûts de carburant et de transport (fret), la croissance peut ralentir et la pression sur les ménages s’accentuer.
Madison Cartwright, analyste senior en géo-économie à la CBA, estime que les États-Unis ont des raisons économiques, politiques et stratégiques fortes de préserver le cessez-le-feu et de viser une solution négociée d’ici fin mai ou peu après. Selon elle, l’absence d’option militaire crédible rend la désescalade plus probable. Cette lecture a aidé les marchés à réduire une partie de la « prime de guerre » (surcoût intégré aux prix en raison du risque géopolitique) qui avait été ajoutée au pétrole et au dollar américain.
Les paris sur une hausse des taux de la RBA soutiennent l’Aussie
La Reserve Bank of Australia (RBA, banque centrale australienne) a déjà relevé ses taux de 75 points de base (1 point de base = 0,01 point de pourcentage), à 4,35 %, sur ses trois dernières réunions. Les prix de marché indiquent environ 20 % de probabilité d’une nouvelle hausse en juin, 68 % pour août, et un taux à 4,60 % presque entièrement anticipé pour septembre.
La RBA s’est montrée plus prudente, car le choc énergétique mondial rend l’inflation plus difficile à contenir. La banque centrale a relevé ses prévisions d’inflation et abaissé ses attentes de croissance et d’emploi. Elle anticipe une inflation globale (inflation « headline », c’est-à-dire l’indice total incluant l’énergie et l’alimentation) culminant près de 5 %, une croissance ralentissant à 1,3 % d’ici fin 2026, et un chômage montant à 4,7 %.
Cela donne à l’Aussie un avantage de rendement (différence de taux qui peut attirer les investisseurs), mais pas sans risque. Des taux plus élevés soutiennent l’AUD/USD si l’activité résiste. Ils peuvent aussi peser si les ménages, la confiance des entreprises et le commerce se dégradent. Pour l’instant, les investisseurs considèrent le resserrement monétaire de la RBA (politique visant à freiner l’inflation via des taux plus hauts) comme un soutien, car le climat de marché s’est amélioré.
Les échanges extérieurs envoient un signal de prudence
Les chiffres du commerce extérieur de mars incitent à la prudence. L’Australie a enregistré son premier déficit commercial de biens depuis 2017, car les importations d’équipements ont bondi avec la construction de centres de données. Les importations de carburant ont aussi augmenté, la hausse des prix liée au conflit dans le Golfe poussant le gouvernement à sécuriser des livraisons supplémentaires d’essence et de diesel.
Selon l’Australian Bureau of Statistics, le solde des biens corrigé des variations saisonnières (ajustement statistique qui neutralise les effets récurrents du calendrier) a reculé de 6,867 milliards de dollars australiens en mars, ressortant en déficit de 1,841 milliard. Les exportations ont diminué de 1,214 milliard (-2,7 %), tandis que les importations ont augmenté de 5,652 milliards (+14,1 %), tirées par des équipements de traitement de données (matériels informatiques pour centres de données).
Le passage en déficit suggère que les exportations nettes (exportations moins importations) pèseront sur la croissance du trimestre. Mais tout n’est pas négatif: une partie de la hausse des importations correspond à de l’investissement des entreprises, lié aux centres de données. Le choc sur le commerce pourrait donc s’accompagner plus tard de gains de productivité et d’infrastructures, surtout si la demande liée à l’IA (intelligence artificielle) continue de progresser.
Analyse technique
L’AUDUSD évolue près de 0,7243, poursuivant une hausse graduelle vers de nouveaux sommets de reprise, avec une dynamique acheteuse toujours présente (momentum haussier: la force du mouvement à la hausse). La paire reste sur une tendance ascendante régulière depuis le rebond sur les plus bas de fin mars, et teste des niveaux observés lors de la hausse de janvier.
D’un point de vue graphique, la structure demeure nettement haussière. Le cours se maintient au-dessus des moyennes mobiles à 5 jours (0,7205) et à 10 jours (0,7185) (moyenne des cours sur la période, utilisée pour lisser les fluctuations), toutes deux orientées à la hausse et offrant un soutien immédiat. La moyenne mobile à 20 jours (0,7162) reste sous le cours et monte aussi, ce qui confirme la solidité du mouvement.

Niveaux à surveiller :
- Support : 0,7205 → 0,7185 → 0,7162
- Résistance : 0,7248 → 0,7280 → 0,7337
Le cours teste désormais la zone de résistance 0,7248, correspondant au plus haut actuel. Un franchissement net au-dessus de ce niveau pourrait ouvrir la voie vers 0,7280, puis vers 0,7337 si la hausse se renforce.
En cas de repli, 0,7205 constitue le support immédiat, cohérent avec la tendance de court terme. Une cassure sous ce niveau pourrait conduire à un retour vers 0,7185, même si le biais haussier de fond devrait rester valable tant que le cours demeure au-dessus de la moyenne mobile à 20 jours, orientée à la hausse.
Au total, l’AUDUSD reste sur une tendance haussière marquée avec des replis limités, signe d’une demande persistante de dollar australien avec l’amélioration du climat de marché. La paire approche d’une zone de résistance importante, mais l’avantage reste aux acheteurs tant que le cours se maintient au-dessus des supports de court terme.
Prévision prudente
L’AUD/USD conserve un biais positif tant qu’il reste au-dessus de 0,72053 et 0,71850. Une clôture journalière au-dessus de 0,72825 (clôture: dernier cours de la journée, souvent utilisé comme signal) renforcerait un scénario vers 0,73373, surtout si les actions restent bien orientées, si le pétrole continue de reculer et si les anticipations de hausses de taux de la RBA restent intégrées.
Une cassure sous 0,71628 signalerait un essoufflement. Les principaux risques: un nouveau bond du pétrole, un dollar américain plus fort, une demande chinoise plus faible, ou des signes que le déficit commercial australien pèse durablement sur la croissance plutôt que de refléter une hausse temporaire des importations d’investissement.
Questions de traders
Pourquoi l’AUD/USD se maintient-il proche de ses plus hauts de quatre ans ?
L’AUD/USD évolue près de ses plus hauts de quatre ans car l’appétit pour le risque s’est amélioré, le pétrole s’est replié, et les investisseurs continuent d’anticiper d’autres hausses de taux de la RBA.
Le dollar australien a gagné 0,1 % à 0,7243 $ après une hausse de 0,7 % mercredi jusqu’à 0,7277 $, un plus haut de quatre ans.
Quel est le niveau actuel de l’AUD/USD ?
L’AUD/USD s’échange à 0,72430, en hausse de 0,00063 (+0,09 %).
Le plus haut de séance est 0,72482, le plus bas 0,72273, l’ouverture 0,72287 et la clôture 0,72367.
Pourquoi l’appétit pour le risque soutient-il le dollar australien ?
L’appétit pour le risque soutient le dollar australien car l’Aussie est souvent utilisé comme indicateur de la croissance mondiale et de la confiance des investisseurs.
Quand les actions montent et que les risques géopolitiques diminuent, les traders ont tendance à acheter des devises sensibles à la croissance, comme l’AUD et le NZD.
Quel est l’impact des espoirs de paix au Moyen-Orient sur l’AUD/USD ?
Ces espoirs soutiennent l’AUD/USD en réduisant la crainte de perturbations de l’offre de pétrole, et donc les risques pour l’inflation et la croissance mondiale.
Selon Madison Cartwright (CBA), des contraintes économiques, politiques et stratégiques incitent fortement les États-Unis à préserver le cessez-le-feu et à rechercher une solution négociée d’ici fin mai ou peu après.
Pourquoi la baisse du pétrole aide-t-elle le dollar australien ?
Un pétrole moins cher réduit la pression inflationniste et diminue le risque de nouvelles hausses de taux plus fortes.
Le repli du pétrole a aussi aidé les obligations australiennes, avec des rendements à 10 ans revenus à 4,921 % après 5,087 % la semaine précédente.
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