
À retenir
- Le Brent a bondi de 6,4 % à 77,57 $, avec un pic momentané au-dessus de 82 $.
- Le WTI a gagné 6,2 % à 71,17 $, sur fond d’aggravation du conflit au Moyen-Orient.
- Environ 20 % du pétrole mondial et du GNL passe par le détroit d’Ormuz.
- Une perturbation durable pourrait relancer la hausse des prix dans le monde.
- Les marchés attendent une semaine chargée de données américaines : ISM (indice de l’activité), ventes au détail et emplois (payrolls, c’est-à-dire créations d’emplois).
Les prix du pétrole grimpent face au risque de coupure via le détroit d’Ormuz
Les prix du pétrole (CL-OIL) ont fortement progressé lundi, car le conflit militaire au Moyen-Orient s’est intensifié. Les investisseurs craignent des blocages d’approvisionnement via le détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel au commerce mondial d’énergie.
Le Brent a progressé de 6,4 % à 77,57 $ le baril (unité standard), avec un passage bref au-dessus de 82 $. Le WTI américain a gagné 6,2 % à 71,17 $.
Environ 20 % du pétrole transporté par mer et 20 % des cargaisons de GNL (gaz naturel liquéfié, du gaz refroidi pour être transporté par bateau) passent par ce détroit. Des informations sur des pétroliers (navires-citernes) à l’arrêt ou en retard ont ravivé la peur d’un goulot d’étranglement, c’est‑à‑dire un blocage qui limite les livraisons.
Des analystes avertissent que si le trafic est quasiment arrêté, jusqu’à 15 millions de barils par jour pourraient manquer temporairement sur le marché mondial.
Sans baisse rapide des tensions, les marchés pourraient continuer à intégrer des prix du pétrole plus élevés.
Le risque de hausse des prix revient au premier plan
Une hausse durable du pétrole agit comme :
- un surcoût pour les ménages
- un choc de coûts pour les entreprises (hausse brutale des dépenses)
- un facteur de hausse générale des prix
Dans le passé, des perturbations prolongées de l’offre au Moyen-Orient ont souvent entraîné des hausses sur plusieurs mois. Certains comparent la situation à l’embargo pétrolier des années 1970, en tenant compte des niveaux de prix actuels.
Si le pétrole se maintient au-dessus de 80–90 $, les anticipations de hausse des prix (ce que les acteurs pensent que les prix feront) pourraient remonter, ce qui compliquerait les décisions des banques centrales (institutions qui fixent les taux d’intérêt).
La hausse de production de l’OPEP+ soulage peu
L’OPEP+ (alliance de pays producteurs de pétrole, dont l’OPEP et ses partenaires) a accepté d’augmenter la production de 206 000 barils par jour en avril. Mais une grande partie de ce pétrole doit toujours passer par le Moyen-Orient par navire.
Si les perturbations dans le détroit durent, ces ajouts de production pourraient ne pas compenser le risque de manque.
En bref : le pétrole peut être produit, mais il faut aussi pouvoir le transporter.
Analyse technique du pétrole
Le pétrole (CL) s’échange autour de 71,61, en hausse de plus de 6 % sur la séance. Cela marque une sortie nette d’une phase de consolidation (période de prix qui évoluent dans une zone) et un retour vers de nouveaux plus hauts.
Le graphique journalier montre une forte bougie haussière (une “bougie” est une barre qui résume le prix d’ouverture, de clôture, le plus haut et le plus bas). Le prix a dépassé une zone de résistance (niveau où le prix bloque souvent) vers 67,00–69,00, puis a testé brièvement le sommet à 74,96. Le rebond depuis le plus bas de janvier à 54,87 se prolonge, avec une suite de sommets et de creux plus élevés.

Côté moyennes mobiles (moyenne des prix sur un nombre de jours, pour lisser les variations), la dynamique reste positive. Les moyennes 5 jours (67,19) et 10 jours (66,23) montent vite, tandis que les 20 jours (64,98) et 30 jours (64,03) restent en dessous du prix et montent aussi.
L’écart qui s’élargit entre le prix et les moyennes plus longues montre une forte poussée haussière, mais augmente aussi la probabilité d’un repli à court terme après une hausse aussi rapide.
La résistance immédiate se situe vers 74,90–76,60, avec 76,60 comme prochain niveau à surveiller. À la baisse, l’ancienne résistance 69,00–70,00 devient un premier support (niveau où le prix peut s’arrêter de baisser).
Un retour vers cette zone serait normal dans une tendance haussière. Tant que le prix reste au-dessus de la moyenne 20 jours, proche de 65,00, la reprise de fond reste valable.
Questions fréquentes
- Pourquoi les prix du pétrole montent-ils aussi vite ? Ils augmentent à cause de l’aggravation du conflit au Moyen-Orient et de la crainte d’une perturbation des flux via le détroit d’Ormuz. Environ 20 % du pétrole mondial transporté par mer y passe : c’est un point de passage étroit, donc facile à bloquer.
- Jusqu’où le Brent et le WTI ont-ils monté ? Le Brent a pris plus de 6 % autour de 77,5 $ le baril, avec un pic bref au-dessus de 82 $. Le WTI (pétrole de référence américain, utilisé comme prix repère) a gagné plus de 6 % autour de 71 $ le baril.
- Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il important ? Il voit passer environ un cinquième du pétrole mondial transporté par mer et une part importante du GNL. Un blocage peut retirer du marché des millions de barils par jour, ce qui pousse les prix à grimper rapidement.
- Les prix du pétrole peuvent-ils encore monter ? Oui. Si le conflit s’aggrave ou si le passage des pétroliers reste limité, le marché peut intégrer des prix plus élevés. Une perturbation durable peut pousser les prix vers 80–90 $ le baril, voire plus, selon l’ampleur et la durée du manque.
- Quel est l’impact du pétrole sur la hausse des prix ? Un pétrole plus cher augmente les coûts de transport, de production et d’énergie. Ces hausses peuvent se répercuter sur les prix payés par les consommateurs, et compliquer les décisions des banques centrales sur les taux.
- Que fait l’OPEP+ pour stabiliser les prix ? L’OPEP+ a prévu une petite hausse de production d’environ 206 000 barils par jour en avril. Mais si le transport par mer au Moyen-Orient est bloqué, ce pétrole supplémentaire peut ne pas suffire.
- Pourquoi les actions baissent-elles quand le pétrole monte ? Un pétrole plus cher réduit le budget des ménages et augmente les coûts des entreprises, ce qui peut peser sur la croissance et les profits. Les marchés d’actions (prix des entreprises en bourse) reculent souvent lors d’un choc énergétique.
- Que doivent surveiller les traders ensuite ? Les nouvelles sur le conflit au Moyen-Orient, le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, les décisions de l’OPEP+, et les grandes données américaines : ISM (indice d’activité), ventes au détail, et “nonfarm payrolls” (emplois créés hors agriculture).
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets