Le dollar progresse grâce au rejet du risque
Le président iranien Masoud Pezeshkian a adressé une lettre ouverte au public américain, s’interrogeant sur la compatibilité de la guerre avec la promesse « America First » (« l’Amérique d’abord »). Israël et l’Iran ont continué d’échanger des missiles et des drones, et Téhéran a qualifié les conditions de paix de Washington de « maximalistes et irrationnelles » (jugées excessives et impossibles à accepter). Les données américaines publiées mercredi ont soutenu le dollar. L’indicateur ADP Employment Change (estimation privée des créations d’emplois dans le secteur privé) a fait état d’une hausse nette de 62 000 emplois en mars, contre 40 000 attendus, et février a été révisé à 66 000 contre 63 000 initialement. L’indice ISM Manufacturing PMI (enquête auprès des directeurs d’achats du secteur manufacturier, au-dessus de 50 = expansion) est monté à 52,7 après 52,4, au-dessus des 52,5 attendus, au plus haut depuis août 2022. La hausse des coûts et un volet emploi moins dynamique ont toutefois limité l’amélioration d’ensemble. L’attention se tourne vers le rapport sur l’emploi de vendredi, les Nonfarm Payrolls (NFP, créations d’emplois hors agriculture). Les marchés attendent 60 000 nouveaux emplois après une baisse de 92 000 en février, ce qui pourrait influencer l’orientation à court terme de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis).L’attention du marché se tourne vers la politique de la Fed
En 2025, le marché était dominé par les craintes géopolitiques liées à l’Iran et par un dollar fort. Aujourd’hui, ces tensions se sont atténuées et l’attention se déplace vers la politique des banques centrales. L’indice du dollar (DXY), qui tentait alors de dépasser 100, évolue désormais plus haut à 104,25, reflétant des différences de trajectoires économiques entre régions. La position de la Fed est désormais le principal moteur du dollar, contrairement à l’an dernier où la solidité des indicateurs macroéconomiques dominait. Avec un taux des fonds fédéraux (Fed funds rate, taux directeur de référence) maintenu à 4,50 %, les marchés à terme (contrats dont le prix intègre les anticipations de taux) évaluent à 70 % la probabilité d’une baisse de taux d’ici la réunion de juin, selon l’outil CME FedWatch (baromètre des anticipations de marché). Cette attente d’une politique plus accommodante (taux plus bas) pèse sur le dollar. Les prochaines statistiques diront si ce scénario « dovish » (favorable à des baisses de taux) se confirme. Le rapport NFP de vendredi est particulièrement suivi : le consensus table sur +150 000 emplois, signe d’un ralentissement par rapport au rattrapage post-pandémie. Le dernier indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) à 2,8 % indique un reflux des tensions inflationnistes, laissant à la Fed davantage de marge pour assouplir sa politique plus tard dans l’année. Cette configuration suggère une volatilité (ampleur des variations de prix) différente des mouvements brusques dictés par le risque observés en 2025. La volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché, déduite du prix des options) sur des paires majeures comme l’EUR/USD s’est tassée par rapport aux pics du cycle de hausses de taux de 2022-2023. Cela rend plus attrayantes, pour certains, des stratégies de vente d’options (contrats donnant un droit d’achat/vente) afin d’encaisser une prime (prix payé pour l’option). Un chiffre de l’emploi nettement supérieur aux attentes pourrait toutefois relancer rapidement la volatilité et remettre en cause le scénario dominant.
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