Déficit budgétaire de l’Indonésie et risques de financement
BNP Paribas estime que le déficit budgétaire de l’Indonésie pourrait dépasser en 2026 la limite de 3 % du PIB fixée par le Parlement, sauf réduction d’autres dépenses. Elle ajoute que le marché intérieur indonésien n’est pas assez profond pour couvrir les besoins de financement de l’État si les conditions de financement mondiales se durcissent. L’analyse situe le ratio de dette publique à 40,5 % du PIB. Elle indique aussi que la structure de cette dette est la plus fragile parmi les pays étudiés et qu’elle est sensible à une hausse des rendements (taux d’intérêt) à long terme aux États-Unis. La pression sur les finances publiques indonésiennes s’accentue alors que le Brent s’échange autour de 98 dollars le baril, un niveau conforme au scénario le plus coûteux. Combiné au maintien des rendements des emprunts d’État américains à 10 ans près de 4,75 % (référence des taux longs), cela complique la situation d’un pays dépendant des financements étrangers. Le maintien des subventions aux carburants accroît le risque de dépassement de la limite légale d’un déficit à 3 % du PIB dès cette année. La pression sur la roupie indonésienne se renforce, la devise ayant récemment testé le niveau de 16 500 pour un dollar. Les signaux d’inquiétude des investisseurs étrangers se multiplient : les sorties nettes (ventes supérieures aux achats) sur les obligations d’État indonésiennes dépassent 1,2 milliard de dollars depuis début avril. Les intervenants sur les produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici le taux de change) peuvent envisager de se couvrir contre une nouvelle baisse de l’IDR, par exemple via l’achat d’options d’achat USD/IDR (droit d’acheter des dollars à un prix fixé) ou via des contrats à terme non livrables, dits NDF (accord de change réglé en espèces, sans livraison de devises).Stress de marché et approches de couverture
Cette pression budgétaire et la baisse de la monnaie pourraient pousser Bank Indonesia à agir plus tôt qu’attendu, malgré les baisses de taux observées fin 2025. Pour soutenir la devise et maintenir l’attrait des obligations d’État, une hausse des taux pourrait intervenir dans les prochaines semaines. Se positionner sur une hausse des taux courts via des swaps de taux (échanges de paiements d’intérêts à taux fixe contre variable) peut donc être une stratégie de couverture. Le risque de crédit perçu de l’Indonésie progresse aussi, compte tenu de la fragilité de la structure de la dette publique. Le coût de l’assurance contre un défaut, mesuré par les CDS (Credit Default Swaps, contrats d’assurance contre le non-remboursement), a augmenté de 15 points de base (0,15 point de pourcentage) sur le seul dernier mois. Acheter des CDS à 5 ans offre une façon directe de se protéger, ou de tirer parti, d’une dégradation supplémentaire du sentiment des investisseurs. La volatilité (amplitude des variations de prix) des marchés est une conséquence majeure de ces incertitudes, en contraste avec le calme relatif de l’an dernier. La volatilité implicite des options USD/IDR (volatilité anticipée par le marché et intégrée dans les prix des options) a monté, signe que le marché s’attend à des mouvements plus marqués. Les opérateurs peuvent recourir à des stratégies d’options comme le straddle (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice) pour profiter d’un mouvement important du taux de change, quel qu’en soit le sens.
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