Contexte de l’inflation en zone euro
Les banques centrales apparaissent plus réactives depuis l’épisode inflationniste 2021–2023. L’objectif est de limiter les effets de contagion (hausse des prix de l’énergie qui se propage à d’autres biens et services), les effets sur les salaires (revendications salariales qui entretiennent l’inflation) et les changements d’anticipations d’inflation (ce que ménages et entreprises pensent de l’inflation future), si les coûts de l’énergie augmentent encore. Les indicateurs de mars 2026 incluent une amélioration du PMI manufacturier (indice d’activité basé sur des enquêtes auprès des entreprises). La composante « prix de production » (prix facturés à la sortie d’usine) n’a pas augmenté, et la baisse du moral des ménages concernant leurs finances personnelles a été plus limitée qu’en mars 2022. Le nouveau choc énergétique lié au conflit en Iran suscite des inquiétudes, mais la situation diffère de celle de 2022. Même si les prix du pétrole et du gaz ont fortement monté, le contexte économique global est aujourd’hui nettement plus faible. Le risque d’une inflation incontrôlée, comme après la guerre en Ukraine, semble donc plus faible. Nous estimons que la hausse des prix sera moins marquée cette fois-ci. En 2022, la demande était très dynamique avec la réouverture post-pandémie et les chaînes d’approvisionnement (logistique, composants, transport) étaient encore désorganisées ; aujourd’hui, la demande est plus molle et ces difficultés se sont atténuées. La dernière estimation « flash » (première estimation rapide) de l’inflation en zone euro par Eurostat au 1er avril indique une hausse à 2,7% en mars, mais l’inflation sous-jacente (mesure hors énergie, donc plus représentative de la tendance de fond) a légèrement reculé à 2,9%, ce qui va dans ce sens.Implications de marché pour les taux
Les banques centrales ont aussi tiré les leçons du choc inflationniste 2021-2023 et sont prêtes à agir plus vite. Elles n’hésiteront pas à contrer tout signe de diffusion des tensions de prix vers les salaires ou vers les anticipations à long terme. Cette posture plus préventive contraste avec 2022, où les décideurs semblaient souvent en retard. Rétrospectivement, la Banque centrale européenne a dû relever son taux de dépôt (taux auquel les banques placent des liquidités à la BCE) de -0,50% à 4,00% entre juillet 2022 et septembre 2023 pour freiner l’inflation. Compte tenu du contexte actuel plus faible et de la vigilance accrue de la BCE, un cycle de hausse de taux de cette ampleur paraît très improbable. Cela suggère que les anticipations du marché sur de futures hausses de taux pourraient être trop élevées. Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent), cela peut ouvrir des opportunités en vendant de la volatilité des taux (parier sur une baisse du prix des options, donc sur moins d’à-coups attendus). Le marché a pu sur-réagir aux titres sur l’énergie, ce qui a fait grimper les primes d’options (prix payés pour le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre) sur des taux courts, par exemple via les contrats à terme EURIBOR (futures, contrats standardisés négociés en Bourse). La vente de calls hors de la monnaie (options d’achat avec un prix d’exercice au-dessus des niveaux actuels, qui ne valent quelque chose que si les taux montent nettement) peut être une stratégie, en pariant que la BCE ne sera pas contrainte à des hausses rapides et massives comme il y a quelques années. Des signaux récents plaident pour un scénario plus mesuré. En mars 2026, le PMI manufacturier de la zone euro est repassé en zone d’expansion à 50,8 (au-dessus de 50, l’activité progresse), tandis que sa composante « prix de production » est restée stable. Cela indique que les entreprises ne répercutent pas encore la hausse des coûts de l’énergie sur leurs prix, à l’inverse des tensions généralisées observées en mars 2022.
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