Les produits raffinés au cœur de la pression inflationniste
Les stocks (réserves disponibles) de diesel et de carburant aviation dans l’UE fin 2025 représentaient en moyenne moins de deux mois de consommation. Certains gouvernements limitent les prix des carburants via des mesures fiscales (baisse de taxes) et des plafonds de marges (limites sur les profits des distributeurs), ce qui alimente les doutes sur la crédibilité budgétaire (capacité à tenir des finances publiques soutenables). D’autres données d’inflation de mars, hors zone euro, sont attendues dans les prochaines semaines et donneront davantage d’éléments aux banques centrales. Les décisions de taux à court terme restent incertaines, et la communication (« guidance », c’est‑à‑dire les indications données sur la trajectoire future des taux) devrait rester prudente vu l’incertitude sur les prix et l’approvisionnement. Les anticipations de taux (ce que les marchés intègrent dans les prix) ne prévoient au plus qu’une hausse supplémentaire de la Banque centrale européenne, de la Banque d’Angleterre et de la Riksbank suédoise. La Norges Bank (banque centrale de Norvège) a déjà indiqué une hausse. Les chiffres provisoires de mars renforcent l’incertitude. Avec des prix européens en hausse d’environ 1% sur un mois, tirés par l’énergie, on constate un décalage entre une inflation qui remonte et des banques centrales prudentes. Dans ce contexte, le marché peut surestimer le rythme de futures hausses de taux.Implications de marché : volatilité des taux et changes
Le nœud du problème est celui des produits raffinés : le diesel européen dépasse ses sommets de 2022 et les stocks seraient faibles fin 2025. Les États plafonnent les coûts, ce qui pose la question de la discipline budgétaire (maîtrise des dépenses et des déficits) et peut fragiliser la dette souveraine (obligations d’État). Cela rend la trajectoire de l’inflation plus difficile à lire, car l’action publique tire la politique économique dans deux sens opposés. Avec l’hypothèse d’au plus une hausse supplémentaire de la BCE et de la Banque d’Angleterre, les produits dérivés de taux (contrats financiers dont la valeur dépend des taux d’intérêt) peuvent devenir intéressants. Le taux de la facilité de dépôt de la BCE (taux auquel les banques placent leurs liquidités à la BCE) est de 4,00%. Des positions visant un « taux terminal » (niveau final du cycle de hausse) à 4,25% pourraient être rentables. Cela renvoie, par exemple, aux contrats à terme de taux à court terme (futures) qui intègrent aujourd’hui une trajectoire plus agressive. Cette incertitude des banques centrales suggère davantage de volatilité (amplitude des variations de prix). L’indice VSTOXX, qui mesure la volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché via le prix des options) sur l’Euro Stoxx 50, est déjà passé d’environ 14 à plus de 18 ces dernières semaines. Les investisseurs peuvent envisager des options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix fixé) pour profiter de mouvements plus marqués sur les grands indices actions européens. La prudence de la BCE face à une inflation tenace peut peser sur l’euro, surtout face au dollar. Si la Réserve fédérale (Fed) reste plus restrictive (« hawkish », c’est‑à‑dire favorable à des taux plus élevés), l’écart de politique monétaire accentuera la pression baissière sur la monnaie. Utiliser des options pour se positionner sur une baisse de l’EUR/USD permet d’exprimer directement ce scénario. Alors que la plupart des banques centrales restent peu engageantes, la Norges Bank a été plus explicite sur son intention de relever ses taux. Cela ouvre une opportunité de valeur relative (pari sur l’écart entre deux actifs). Il est possible d’envisager des positions favorables à la couronne norvégienne contre la couronne suédoise ou l’euro, une trajectoire plus lisible pouvant soutenir la devise.
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