Révision des perspectives pour la zone euro
Commerzbank projette l’EUR/USD à 1,21 à la mi‑2027. Elle relie cette prévision à une attente de dollar plus faible, liée à des anticipations d’assouplissement de la politique américaine (taux plus bas) et à des inquiétudes sur l’indépendance de la Fed (sa capacité à décider sans pression politique). En revenant sur l’analyse de l’an dernier, la zone euro devait connaître un net ralentissement de la croissance en 2026. La prévision, révisée à 0,6 %, était liée à la guerre au Moyen‑Orient. À l’époque, nous anticipions aussi que la BCE ferait moins de relèvements de taux (hausses de taux directeurs) que ce que les marchés intégraient. La situation sur le terrain aujourd’hui, le 27 mars 2026, a évolué autrement. La croissance reste faible, mais l’estimation rapide d’Eurostat (première estimation publiée avant les chiffres définitifs) pour le premier trimestre a montré une progression surprenante de 0,3 %, au‑dessus des attentes de stagnation. Cette résistance suggère que le pessimisme de 2025 était excessif, ce qui oblige à réévaluer la trajectoire possible de la BCE. À l’inverse, le scénario de baisses de taux américaines plus marquées ne s’est pas concrétisé. Des chiffres de l’emploi durablement solides (marché du travail dynamique) et une inflation CPI de février 2026 (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) ressortie à 3,4 %, au‑dessus des attentes, ont conduit la Fed à rester attentiste, sans bouger ses taux. Cela a affaibli l’idée d’un assouplissement américain rapide et important avancée l’an dernier.Conséquences de marché pour l’EUR/USD
Cet écart de dynamique maintient l’EUR/USD sous pression, autour de 1,0785. Le différentiel de taux d’intérêt (écart entre les taux américains et ceux de la zone euro) en faveur du dollar l’emporte sur les considérations de valorisation à long terme. Le scénario d’un retour vers 1,21 est donc fortement repoussé, voire remis en cause à l’horizon des prochains trimestres. Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif comme une devise), les scénarios haussiers de l’an dernier sont en pause. Vendre des options d’achat (options « call », qui donnent le droit d’acheter l’euro contre dollar à un prix fixé) « hors de la monnaie » (niveau de prix non atteint, donc peu probable à court terme), avec des prix d’exercice (niveau du taux de change déclenchant l’intérêt de l’option) au‑dessus de 1,12 pour les prochains trimestres, peut être une façon de percevoir une prime (montant encaissé en vendant l’option) en misant sur l’absence de rallye (hausse rapide). Étant donné que la Fed dépend des données (elle ajuste sa politique selon les indicateurs), acheter des straddles de courte maturité (stratégie combinant un call et un put au même prix d’exercice pour profiter d’un fort mouvement, quel qu’en soit le sens) autour des publications clés d’inflation aux États‑Unis peut aussi permettre de capter la volatilité (amplitude des variations de prix).
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets