Risque géopolitique et demande de dollar
L’Iran a indiqué qu’il ne rouvrirait pas la voie maritime tant que le blocus américain resterait en place. Cette situation entretient l’incertitude et soutient la demande de dollar, souvent recherché comme valeur refuge (monnaie jugée plus sûre en période de stress). La Fed devrait laisser ses taux inchangés entre 3,50% et 3,75% lors de sa réunion d’avril, ce qui serait un troisième statu quo consécutif. Les investisseurs suivront la conférence de presse de Jerome Powell pour y déceler des indications sur la suite (orientation future de la politique monétaire). L’attention se tournera ensuite vers la décision de la Banque centrale européenne (BCE, la banque centrale de la zone euro) jeudi, avec des anticipations d’un statu quo au ton ferme (communication suggérant une possible hausse des taux). Goldman Sachs prévoit deux hausses de 25 points de base (pb, soit 0,25 point de pourcentage), en juin et en septembre, portant le taux de dépôt (taux appliqué aux liquidités placées par les banques à la BCE) à 2,50%. En 2022, l’euro a représenté 31% des échanges sur le marché des changes (FX, marché des devises), avec un volume quotidien au-delà de 2 200 milliards de dollars. L’EUR/USD représente environ 30% de ce volume; l’EUR/JPY 4%, l’EUR/GBP 3% et l’EUR/AUD 2%.Banques centrales et volatilité
La situation rappelle 2025, lorsque le risque géopolitique avait entraîné des achats de dollars, mettant l’euro sous pression. Alors que l’EUR/USD peine autour de 1,05 sur fond de nouvelles tensions au Moyen-Orient, l’attrait du dollar comme valeur refuge domine à nouveau. Les décisions des banques centrales cette semaine seront déterminantes pour l’orientation des prochaines semaines. Le marché intègre un statu quo de la Fed, maintenant le taux des fonds fédéraux (taux directeur au jour le jour visé aux États-Unis) dans sa fourchette actuelle de 4,00% à 4,25%. Les dernières données d’inflation, avec l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’évolution des prix payés par les ménages) hors éléments volatils — dit « core », c’est-à-dire l’inflation sous-jacente — restant au-delà de 3% le trimestre dernier, ont repoussé les attentes de baisse de taux à court terme. Cette posture soutient le dollar, d’autant que l’économie américaine reste solide, avec une croissance du PIB (produit intérieur brut, mesure de l’activité) au T1 2026 annoncée à 2,1%. En Europe, la BCE est aussi attendue sur un statu quo à 3,00% pour son taux de dépôt, mais avec des contraintes différentes. Si l’inflation en zone euro a ralenti, la faiblesse de l’activité, notamment en Allemagne où le PMI manufacturier (indice d’activité construit à partir d’enquêtes auprès des entreprises; sous 50 il signale une contraction) recule pour un quatrième mois d’affilée, rend difficile une politique très restrictive. Cet écart de dynamique économique rend un rebond durable de l’euro moins probable. Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent), détenir de la volatilité (parier sur de forts mouvements de prix, sans prévoir le sens) peut être pertinent. Des stratégies comme un straddle ou un strangle sur options EUR/USD (achat simultané d’options d’achat et de vente, avec prix d’exercice identiques pour le straddle, différents pour le strangle) peuvent profiter d’un mouvement marqué après les annonces, quel qu’en soit le sens. La volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché et intégrée dans les prix des options) sur les options à un mois est montée à 8,2%, reflétant l’incertitude; une surprise pourrait encore accroître la volatilité réalisée (mouvements effectivement observés). Pour ceux qui privilégient un scénario directionnel, le chemin le plus probable reste celui d’un euro plus faible. L’écart de taux, avec des rendements américains à 2 ans supérieurs de plus de 120 points de base à ceux des Bunds allemands (obligations d’État allemandes), crée un portage positif (gain lié au différentiel de taux) pour des positions vendeuses sur l’EUR/USD. Toutefois, toute désescalade inattendue des tensions pourrait provoquer un rebond rapide, rendant indispensable une gestion stricte du risque pour les positions sur contrats à terme (futures, contrats standardisés négociés en Bourse) ou contrats à terme de gré à gré (forwards, contrats négociés directement entre deux parties).
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