Choc de marché et conséquences pour la politique monétaire
Cette baisse inattendue des emplois est un choc important. Elle suggère que l’économie pourrait se contracter (reculer) plutôt que simplement ralentir. L’attention se tourne donc vers la prochaine décision de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis). Un marché du travail qui se dégrade rend une nouvelle hausse des taux d’intérêt (coût du crédit fixé en partie par la banque centrale) très peu probable. Il faut se préparer à un possible changement rapide de la politique monétaire (orientation des taux et du crédit). Pour les traders actions, ce rapport incite à se protéger. Une approche consiste à utiliser des produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un actif) sur de grands indices comme le S&P 500 (indice boursier des principales actions américaines). Acheter des options de vente, dites « puts » (contrats qui gagnent en valeur si le prix baisse) peut couvrir un portefeuille contre une baisse du marché. Les contrats à terme, dits « futures » (accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé) ont déjà chuté de 1,8% juste après la publication. Le risque est que les prévisions de résultats des entreprises soient revues à la baisse, ce qui pèse sur la valeur des actions. Sur les marchés de taux, cette donnée renforce l’idée d’une baisse de taux plus tôt que prévu. Les futures sur les Fed Funds (contrats reflétant les attentes sur le taux directeur) indiquent désormais 80% de probabilité d’une baisse de taux lors de la réunion du FOMC de mai (comité de la Fed qui décide des taux), contre 25% en début de semaine. On peut envisager des dérivés qui profitent d’une baisse des rendements (taux servis par les obligations), par exemple des options sur futures d’obligations du Trésor (dette publique américaine). La conséquence la plus immédiate d’un tel écart est la hausse de la volatilité (variations rapides des prix). Le VIX (indice qui mesure la nervosité du marché à partir des options sur le S&P 500) a déjà bondi de plus de 25% à 23. Acheter des options d’achat, dites « calls » (contrats qui gagnent en valeur si le prix monte) sur le VIX, ou des « call spreads » (stratégie avec deux calls pour limiter le coût et le gain), permet de jouer directement cette hausse d’incertitude.Dollar et contexte historique
Cette nouvelle affecte aussi fortement le dollar américain, qui s’est nettement affaibli face aux principales devises. La paire EUR/USD (taux de change euro/dollar), par exemple, est déjà montée à 1,1020, car le marché anticipe des taux américains plus bas. On peut envisager une poursuite de la faiblesse du dollar via des options de vente (« puts ») sur l’indice du dollar américain, le DXY (indice qui suit le dollar face à plusieurs grandes monnaies). Sur les prochaines semaines, l’objectif principal devrait être de protéger les portefeuilles et de se positionner pour une économie qui reste fragilisée. Nous suivrons de près les prochaines données d’inflation, le CPI (indice des prix à la consommation, mesure de la hausse des prix). Si l’inflation reste élevée tandis que l’emploi baisse, la situation devient plus complexe pour la Fed et pour les marchés.
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