Implications pour la croissance et les actifs risqués
Le rapport de mars sur les biens durables, en recul de 1,4 % alors qu’un gain de 0,5 % était anticipé, confirme un net ralentissement de l’investissement des entreprises (dépenses des sociétés en équipements et machines). Ce n’est pas un cas isolé : les inscriptions au chômage (demandes hebdomadaires d’allocations chômage) ont également augmenté la semaine dernière, à un plus haut de trois mois à 225 000. Il faut se préparer à une économie moins dynamique et à davantage d’à-coups sur les marchés (variations de prix plus fortes et plus fréquentes). Pour l’exposition aux actions, l’achat d’options de vente « put » de protection (contrats qui prennent de la valeur si le marché baisse et limitent les pertes) sur de grands indices via des ETF comme SPY (ETF répliquant le S&P 500) et QQQ (ETF répliquant le Nasdaq 100) peut réduire le risque. Les secteurs cycliques (industries sensibles à la conjoncture) sont particulièrement vulnérables ; vendre des contrats à terme (futures, instruments permettant de prendre une position sur un prix futur) sur des indices industriels ou de consommation discrétionnaire (dépenses non essentielles) permet de profiter d’un affaiblissement. Cela couvre les positions longues contre un repli possible dans les prochaines semaines. Cette surprise macroéconomique pourrait pousser le VIX (indice de volatilité implicite du S&P 500, souvent appelé « indice de la peur »), actuellement proche de 17, à remonter avec l’incertitude. Il est possible d’acheter des options d’achat « call » sur le VIX (contrats qui gagnent si le VIX monte) ou de prendre une position acheteuse sur des futures VIX, afin de bénéficier d’un éventuel pic d’aversion au risque. C’est une couverture en cas de correction des marchés (baisse marquée après une hausse).Taux, dollar et perspectives de politique monétaire
Ce rapport accentue la pression sur la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) à l’approche de sa réunion la semaine prochaine. Le marché intègre désormais une probabilité plus élevée de baisse des taux avant la fin de l’année, ce qui devrait faire reculer les rendements obligataires (taux d’intérêt offerts par les obligations). On peut envisager de renforcer des positions acheteuses sur des futures de bons du Trésor américain (obligations d’État), afin de profiter d’une baisse des taux. Une économie plus faible et des taux potentiellement plus bas pèsent en général sur le dollar. Vendre l’indice du dollar (DXY, mesure du dollar face à un panier de grandes devises) via des futures est une façon directe de jouer ce scénario. On peut aussi s’attendre à des flux vers des monnaies refuges (devises jugées plus sûres en période de stress), comme le yen japonais et le franc suisse. On avait observé un schéma comparable à l’automne 2023, lorsque l’affaiblissement des indicateurs manufacturiers (activité de l’industrie) avait précédé une hausse de la volatilité et une révision des anticipations de politique de la Fed. À cette période, les marchés avaient rapidement intégré une orientation plus accommodante (politique plus favorable à la croissance, donc des taux plus bas) de la banque centrale. Un changement rapide du sentiment de marché reste possible après ces nouvelles données.
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