EUR/USD demeure dans une fourchette ; la solidité des créations d’emplois aux États-Unis soutient le dollar, tandis que l’euro se stabilise sur fond de liquidité réduite par les jours fériés

by VT Markets
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Apr 4, 2026
EUR/USD a évolué dans une fourchette étroite vendredi, dans un marché peu liquide en raison du Vendredi saint. La paire se situait autour de 1,1534, en baisse pour une deuxième séance après un plus haut d’une semaine à 1,1627 mercredi. Le dollar américain a été soutenu après le rapport sur l’emploi de mars, tandis que l’euro est resté relativement stable. L’indice du dollar (DXY, un indicateur qui mesure la force du billet vert face à un panier de grandes devises) oscillait près de 100.

Les chiffres de l’emploi aux États‑Unis soutiennent le dollar

Les créations d’emplois non agricoles (Nonfarm Payrolls, c’est-à-dire le nombre d’emplois créés hors secteur agricole) ont augmenté de 178 000 en mars, au-dessus des 60 000 attendus. Le chiffre de février a été révisé à une perte de 133 000 (contre -92 000 précédemment), tandis que le taux de chômage est descendu à 4,3% contre 4,4%. Le salaire horaire moyen (Average Hourly Earnings, un indicateur de la progression des salaires) a augmenté de 0,2% sur un mois, sous les 0,3% attendus et en baisse après 0,4%. Sur un an, les salaires progressent de 3,5%, sous les 3,7% attendus et après 3,8%. Ces données confortent l’idée que la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale américaine) pourrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés plus longtemps. Les marchés ont réduit les anticipations de baisses de taux depuis le début de la guerre entre les États‑Unis et Israël contre l’Iran, car la hausse du pétrole accroît le risque d’inflation. 2026-04-03T19:53:45.719Z

Perspectives de la Fed et volatilité

Le rapport sur l’emploi s’est révélé meilleur que prévu, mais la réaction est restée limitée à cause du jour férié. Les 178 000 emplois créés confirment un marché du travail solide, ce qui donne peu de raisons à la Fed d’envisager une baisse des taux. Cela renforce le scénario de taux élevés plus longtemps. En revanche, la hausse plus modérée des salaires entretient l’incertitude, ce qui explique aussi pourquoi le dollar n’a pas progressé davantage. Ce contraste entre emploi solide et inflation salariale qui ralentit peut provoquer des mouvements brusques lorsque les intervenants reviendront sur le marché. L’indice VIX (le baromètre de la volatilité implicite, qui reflète les anticipations de variations sur les actions américaines) est récemment repassé au-dessus de 17, ce qui suggère une volatilité plus forte sur le marché des devises. Avec le conflit géopolitique et son impact sur le pétrole, l’inflation reste la préoccupation centrale pour la Fed. Le Brent (référence mondiale du pétrole) se maintient autour de 95 dollars le baril. Les dernières données d’inflation américaines (février 2026) montrent un CPI « core » (inflation sous-jacente, hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation) autour de 3,7%, nettement au-dessus de l’objectif de la Fed. Dans ce contexte, il est difficile de parier contre le dollar à court terme. La situation rappelle 2022, quand une inflation résistante a poussé la Fed à relever ses taux de manière agressive, faisant monter le DXY au-delà de 110. Sans anticiper une telle intensité, cela illustre qu’une Fed « hawkish » (restrictive, c’est-à-dire focalisée sur la lutte contre l’inflation via des taux élevés) peut soutenir durablement le dollar. Le niveau actuel du DXY, proche de 100, constitue un point charnière pouvant servir de base à une nouvelle hausse. Côté européen, l’euro résiste en partie parce que la Banque centrale européenne (BCE) fait aussi face à une inflation persistante, avec un IPCH (indice des prix harmonisé, la mesure de l’inflation en zone euro) à 3,5%. Cela limite la possibilité pour la BCE d’être trop « dovish » (accommodante, c’est-à-dire favorable à des taux plus bas). Cela crée un plancher pour EUR/USD à ce stade. Le fait que la paire reste proche de 1,1550 malgré les chiffres américains illustre cet équilibre. Pour les intervenants sur les dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire EUR/USD), cela peut plaider pour une stratégie consistant à vendre la volatilité à la hausse. Concrètement, vendre des options d’achat (call) en dehors de la monnaie (out-of-the-money, avec un prix d’exercice au-dessus du cours actuel, donc moins probable d’être exercées) ou mettre en place des « risk reversals » baissiers (montage d’options combinant achat/vente de calls et de puts pour exprimer un biais directionnel) permettrait de profiter si la paire reste en range ou s’oriente légèrement à la baisse. Ce type de position vise à tirer parti de l’idée que des hausses marquées d’EUR/USD sont peu probables dans les prochaines semaines.

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