Banques centrales régionales et perspectives d’inflation
Le rapport indique que d’autres banques centrales d’Europe centrale et orientale (CEE, c’est-à-dire la région regroupant plusieurs pays d’Europe de l’Est et du Centre) ont ajusté leurs perspectives à court terme sans annoncer de mesures précises. Il ajoute que les données d’inflation actuelles en CEE ne justifient pas encore une réaction forte de politique monétaire (c’est-à-dire des décisions sur les taux pour freiner ou soutenir l’économie). Il estime que les anticipations de marché (les prix intègrent des attentes sur les taux futurs) concernant la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) semblent excessives compte tenu de la faiblesse de la croissance en zone euro et au Royaume-Uni. Il ajoute qu’il y a peu de marge pour un resserrement agressif (hausse rapide des taux) sans provoquer un net ralentissement de l’activité. BNY souligne des risques haussiers sur les anticipations de taux en CEE dans les prochains mois, en commençant par la NBP. Selon la note, cela pourrait évoluer si les marchés réévaluent leurs attentes vis-à-vis de la BCE.Conséquences pour les marchés de taux et le positionnement sur dérivés
En conséquence, la NBP a dû inverser sa politique, en relevant son taux directeur (le principal taux fixé par la banque centrale) à deux reprises au second semestre 2025, pour un total de 75 points de base (un point de base = 0,01 point de pourcentage). Les investisseurs qui s’étaient positionnés sur un durcissement des anticipations (retour vers des taux plus élevés), par exemple via des swaps de taux d’intérêt (contrats permettant d’échanger un taux variable contre un taux fixe), en payant un taux fixe en zloty polonais, auraient réalisé des gains importants. Ce retournement a surpris, le consensus (l’avis majoritaire du marché) anticipant au départ davantage de baisses de taux. Dans le même temps, le scepticisme sur un resserrement agressif de la BCE et de la BoE s’est aussi avéré fondé. Une croissance durablement faible, avec un PIB de la zone euro en hausse de seulement 0,4% sur l’ensemble de 2025 (le PIB mesure la production totale de biens et services), a laissé peu de marge à ces banques centrales. Les marchés ont dû revoir nettement à la baisse la trajectoire de hausses de taux qu’ils avaient intégrée au début de l’année précédente. Cette divergence de politique monétaire entre la Pologne et le cœur de l’Europe continue d’offrir des opportunités aux opérateurs de dérivés (produits financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme un taux). Nous pensons que le marché sous-estime encore la détermination de la NBP à maintenir des taux élevés, tandis que la BCE devrait signaler le début d’un cycle de baisse de taux avant l’été. Cela suggère que des stratégies visant à profiter de cet écart, comme recevoir un taux fixe sur des instruments en euros (recevoir fixe = être gagnant si les taux baissent) tout en payant un taux fixe sur des instruments en zloty (payer fixe = être gagnant si les taux montent), restent intéressantes. Le prochain rapport sur l’inflation en Pologne pour mars sera un rendez-vous clé, car une nouvelle donnée élevée renforcerait très probablement la posture restrictive (dite « hawkish », c’est-à-dire favorable à des taux plus élevés pour lutter contre l’inflation) de la NBP. Les investisseurs peuvent utiliser des options (contrats donnant un droit d’acheter ou de vendre selon des conditions fixées) pour se positionner sur une hausse de la volatilité (variations plus fortes des prix), par exemple en achetant des options de hausse sur les taux polonais de court terme (options « payers », qui gagnent si les taux montent). Cela permet de profiter si l’inflation reste plus élevée que ce que le marché anticipe.
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