Demande extérieure et risques pour la chaîne d’approvisionnement
Elle indique que la demande extérieure peut faiblir à cause d’une confiance plus basse et de problèmes dans la chaîne d’approvisionnement (le réseau qui permet de produire et livrer des biens), ce qui réduit les exportations. Elle ajoute que l’économie de Singapour est très ouverte (elle dépend beaucoup du commerce), donc une grande part de la valeur créée localement dépend de la demande étrangère. UOB indique que des coûts plus élevés d’électricité et d’eau (services publics), de transport et d’intrants (matières, composants et services nécessaires à la production) peuvent faire monter l’inflation (la hausse générale des prix) des biens et services. À partir de données 2005–2025, elle estime qu’une hausse de 10 $ US par baril du Brent (pétrole de référence mondial) peut augmenter l’inflation sous-jacente (inflation hors éléments très volatils) d’environ 0,30 à 0,40 point de pourcentage. Elle estime que cela augmente la probabilité que la MAS (Monetary Authority of Singapore, la banque centrale) durcisse sa politique (rende les conditions financières plus strictes) lors de la revue d’avril 2026. Son scénario central est une hausse de 50 points de base (0,50 point de pourcentage) de la pente de la bande du S$NEER (une fourchette de taux de change du dollar de Singapour contre un panier de devises), à 1,0 % par an, avec un risque de report à juillet 2026. UOB indique que l’impact à court terme touche davantage l’inflation que la croissance.Stratégie de marché et attentes de politique
Nous pensons que l’impact principal du conflit actuel au Moyen-Orient, pour l’instant, concerne surtout l’inflation plutôt que la croissance. L’effet direct sur l’économie de Singapour semble limité, mais le risque vient des effets secondaires, comme une demande mondiale plus faible. Il faut donc se concentrer sur l’effet de la hausse des coûts sur la politique monétaire (les décisions de la banque centrale qui influencent les conditions financières) à court terme. Le canal principal est le prix du pétrole. Les contrats à terme (prix fixés aujourd’hui pour acheter/vendre plus tard) sur le Brent s’échangent près de 95 $ US le baril, en hausse de plus de 15 % en un mois, et se rapprochent du seuil de 100 $ US. D’après nos modèles basés sur 2005–2025, une hausse durable par rapport au niveau de début d’année peut pousser l’inflation sous-jacente de Singapour nettement plus haut. Cela met une forte pression sur la MAS pour agir lors de la réunion d’avril 2026. Les marchés de taux (où l’on anticipe les décisions de politique) intègrent désormais une probabilité supérieure à 75 % d’un durcissement via une pente plus forte de la bande de politique du S$NEER. C’est un changement marqué par rapport à février 2026, où l’on attendait une politique inchangée. Pour les intervenants de marché, cela suggère de se positionner pour un dollar de Singapour plus fort. Des stratégies avec options (contrats donnant le droit d’acheter/vendre à un prix fixé) qui profitent d’une hausse du SGD (dollar de Singapour) contre ses partenaires, surtout face à des monnaies dont les banques centrales sont plus accommodantes (moins strictes), semblent intéressantes. On peut aussi envisager des contrats à terme (forwards : accords pour échanger des devises à une date future) pour fixer un taux de change plus avantageux avant la décision de la MAS. Une inflation plus élevée et une politique plus stricte créent des obstacles pour les actions, ce qui peut peser sur le Straits Times Index (STI, l’indice boursier principal de Singapour). On peut envisager d’acheter des options de vente (put : contrat qui gagne si le marché baisse) sur le STI pour se protéger contre une baisse possible liée à la hausse des coûts et aux inquiétudes sur la croissance mondiale. La volatilité (l’ampleur des variations de prix) devrait augmenter, ce qui peut rendre les options plus intéressantes en termes de prix. En 2022, une situation comparable est apparue quand la guerre en Ukraine a provoqué un choc sur les prix de l’énergie. La MAS avait alors réagi fermement avec des resserrements exceptionnels (décisions prises en dehors du calendrier habituel) pour stabiliser les anticipations d’inflation (ce que ménages et entreprises pensent que les prix vont faire). Cet exemple renforce l’idée que la banque centrale donnera encore la priorité à la lutte contre l’inflation, même si cela freine un peu la croissance.
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