Conflit au Moyen-Orient et risque sur l’approvisionnement
L’Irak aurait suspendu les opérations de son port pétrolier après que l’Iran a attaqué deux pétroliers étrangers (navires qui transportent du pétrole). Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis auraient intercepté des missiles et des drones iraniens (appareils sans pilote), tandis que l’Arabie saoudite a déclaré que deux drones se dirigeant vers le champ pétrolier de Shaybah ont été détruits au-dessus du désert du Rub al-Khali (Empty Quarter). La Chine a de fait interdit les exportations de carburants raffinés (carburants produits à partir de pétrole brut, comme l’essence et le diesel) pour mars « avec effet immédiat », a rapporté Reuters jeudi. Le rapport relie cette décision à la volonté d’éviter une pénurie intérieure de carburant liée à la guerre États-Unis–Israël contre l’Iran. Le WTI (pétrole américain de référence) s’échangeait à 90,40 $, en hausse d’environ 3,5% sur la journée, tandis que le Brent (pétrole de référence en Europe) gagnait 3% à 94,40 $. L’indice du dollar américain (mesure de la valeur du dollar face à plusieurs grandes monnaies) se maintenait juste sous 99,50, alors que les contrats à terme sur indices boursiers américains (prix aujourd’hui d’indices pour une date future) reculaient de 0,7% à 0,9%. L’EUR/USD (taux euro/dollar) évoluait près de 1,1550 et le GBP/USD (taux livre/dollar) est passé sous 1,3400. Le USD/JPY (taux dollar/yen) avait plus tôt dépassé 159,20, puis a reflué légèrement sous 159,00, tandis que l’or est passé sous 5 200 $.Perspectives de marché et positionnement
L’extension du conflit au Moyen-Orient a fortement inquiété les marchés et renforce un climat « risk-off » (préférence pour la prudence) pour les semaines à venir. On observe une fuite vers la sécurité (déplacement vers des actifs jugés plus sûrs), avec une volatilité (amplitude des variations de prix) qui devrait rester élevée. L’indice de volatilité du CBOE (VIX, indicateur de la peur sur le marché actions américain) a déjà dépassé 28 cette semaine, un niveau plus vu depuis les tensions bancaires de fin 2025, et nous pensons qu’il restera haut. Avec le pétrole WTI au-dessus de 90 $, la tendance immédiate reste à la hausse malgré la libération des réserves de l’AIE, car une prime de guerre (hausse des prix due au risque géopolitique) se met rapidement en place. La situation rappelle les premiers chocs d’offre (baisse soudaine de l’approvisionnement) de 2022, lorsque les prix avaient brièvement dépassé 120 $ le baril. Il faudrait utiliser des options d’achat (call options : droit d’acheter à un prix fixé) pour viser une nouvelle hausse tout en limitant le risque, car une désescalade (baisse des tensions) pourrait faire baisser les prix rapidement. Le dollar américain est le principal gagnant de ce climat, et nous pensons que l’indice du dollar testera des niveaux plus élevés à court terme. L’an dernier, lors d’une période de forte prudence, l’indice avait grimpé bien au-dessus de 106, ce qui montre qu’il peut encore monter si la crise s’aggrave. Nous privilégions donc des positions vendeuses (parier sur la baisse) sur les contrats à terme EUR/USD et GBP/USD (produits qui permettent d’acheter ou vendre à un prix fixé pour une date future) pour exprimer ce scénario. Nous anticipons une pression continue sur les indices actions américains, car les capitaux se déplacent des actions vers des actifs perçus comme plus sûrs, comme le dollar. Au début du conflit en Europe de l’Est en 2025, les grands indices ont subi une correction rapide (baisse marquée) proche de 10% en un peu plus d’un mois. Pour gérer ce risque de baisse, nous achetons des options de vente (put options : droit de vendre à un prix fixé) sur le S&P 500 et le Nasdaq 100. La faiblesse du yen japonais, qui pousse le USD/JPY vers 159, est un cas particulier, lié à des politiques différentes des banques centrales (banques qui fixent les taux et pilotent la monnaie) plutôt qu’aux mouvements habituels en période de stress. Nous pensons que cette tendance peut continuer et nous éviterons de parier contre elle. Le prix de l’or, même s’il reste élevé au-dessus de 5 200 $, semble déjà intégrer (prendre en compte) une grande partie de ce risque, donc nous resterons prudents avant d’ajouter de nouvelles positions acheteuses importantes à ces niveaux.
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