L’inflation de l’énergie reste dominante
Lagarde a indiqué que la BCE ne constate pas d’« effets de second tour » (une hausse initiale des prix qui se propage ensuite via des salaires plus élevés, puis de nouveaux relèvements de prix). Elle a aussi cité une enquête téléphonique auprès d’entreprises, qui ne suggère pas de fortes hausses de salaires. Le signal est clair: l’inflation durable de l’énergie reste la principale source de tension. Avec le Brent (prix de référence du pétrole en Europe) autour de 95 dollars le baril, on comprend pourquoi la dernière donnée d’IPCH en zone euro (indice des prix à la consommation harmonisé, la mesure officielle comparable de l’inflation en Europe) reste bloquée à 2,8%. Cela indique qu’un retour rapide vers l’objectif de 2% est peu probable. En revanche, la crainte d’une « boucle salaires-prix » (mécanisme où la hausse des salaires alimente la hausse des prix, qui entraîne ensuite de nouvelles hausses de salaires) semble, pour l’instant, s’éloigner. Les dernières données sur les salaires négociés au T1 2026 montrent un ralentissement à 4,1%, ce qui va dans le sens d’une absence d’effets de second tour marqués. Cela laisse à la banque centrale une marge pour maintenir les taux plutôt que de procéder à de nouvelles hausses rapides. Cela crée un contexte délicat: l’inflation reste élevée, mais le « taux terminal » (le niveau le plus haut des taux directeurs attendu sur ce cycle) est probablement déjà atteint. Pour les intervenants de marché, cela peut favoriser des stratégies visant à profiter d’une stabilité des taux à court terme, par exemple via les contrats à terme sur l’EURIBOR (taux interbancaire de référence en zone euro, utilisé pour de nombreux produits de taux), en pariant davantage sur une longue pause que sur un mouvement marqué à la hausse ou à la baisse.Se positionner pour une pause prolongée
Il faut garder en tête le cycle de resserrement monétaire (hausse des taux) très rapide, qui a culminé en 2025, conçu pour freiner l’inflation généralisée observée à l’époque. Le problème actuel est plus concentré sur l’énergie, ce qui suggère une politique moins réactive. Cela soutient des positions qui parient contre l’idée que le marché intègre de nouvelles hausses de taux à court terme durant l’été. Compte tenu de l’accent mis sur la persistance des effets des prix de l’énergie, une exposition directe à ces marchés reste une approche possible. Des options d’achat (contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter à un prix fixé à l’avance) sur le pétrole, ou sur des contrats à terme sur le gaz naturel européen (contrats standardisés négociés en Bourse pour acheter ou vendre plus tard), permettent de se positionner en faveur de pressions durables sur les prix dans les mois à venir. Cette approche correspond à l’idée que les « primes de risque géopolitique » (surcoût intégré aux prix en raison d’incertitudes liées aux tensions internationales) ne disparaîtront pas rapidement.
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