Le PMI de la zone euro s’enfonce en zone de contraction
La mise à jour indique aussi qu’un plus grand nombre d’entreprises font face à une hausse des coûts des intrants (les dépenses nécessaires pour produire, comme l’énergie, les matières premières et les composants), dans l’industrie comme dans les services. Dans l’industrie, le sous-indice des prix des intrants (composante du PMI qui mesure l’évolution de ces coûts) est monté à 80,1, son plus haut niveau depuis 2022. Les prix de vente n’ont que partiellement intégré ces hausses de coûts, ce qui maintient des tensions inflationnistes (risque de hausse durable des prix) malgré une activité molle. Cela place la BCE face à un arbitrage : limiter les risques sur les prix, ou soutenir une croissance faible.Les marchés passent de la protection contre la crise au positionnement sur la reprise
Les tensions inflationnistes qui ont marqué 2025 se sont aussi nettement atténuées. À l’époque, le sous-indice des prix des intrants dans l’industrie avait atteint 80,1, un niveau inédit depuis 2022. À l’inverse, les dernières données d’Eurostat pour avril 2026 montrent que l’inflation en IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé, la mesure officielle comparable entre pays de l’UE) est retombée à 2,1%, très proche de la cible de la BCE. Cet environnement modifie les anticipations de taux. Alors que l’an dernier la BCE hésitait à assouplir sa politique en raison de l’inflation, le débat porte désormais sur le calendrier d’éventuelles baisses de taux pour soutenir la reprise. Les marchés commencent à intégrer au moins une baisse de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) d’ici la fin du quatrième trimestre. Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme un indice boursier ou un taux), cela suggère un recul des stratégies de couverture contre un fort décrochage économique. Avec des statistiques mieux orientées et une inflation maîtrisée, la volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché, intégrée dans le prix des options) sur des indices comme l’Euro Stoxx 50 a diminué par rapport aux pics de 2025. Vendre des options de vente « hors de la monnaie » (options dont le prix d’exercice est inférieur au niveau actuel de l’indice, donc activées seulement en cas de forte baisse) peut permettre d’encaisser une prime (le montant payé pour acheter l’option) dans un contexte plus stable. Par ailleurs, se positionner sur une baisse graduelle des taux courts (taux à court terme) paraît cohérent. Il peut être pertinent d’utiliser des contrats à terme (futures, accords standardisés pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) adossés à l’EURIBOR (taux interbancaire de référence en zone euro) pour refléter la probabilité croissante d’une baisse des taux de la BCE plus tard cette année. Cela inverse les approches privilégiées en 2025, lorsque les craintes d’inflation dominaient.
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