Les inquiétudes budgétaires au Japon pèsent sur le yen
Au Japon, selon des informations de presse, la Première ministre Takaichi a demandé au ministère des Finances de préparer un budget supplémentaire, qui devrait impliquer de nouveaux emprunts. Cela a accentué la faiblesse des obligations d’État japonaises (JGB, titres de dette publique du Japon) et du yen. Les dépenses prévues devraient financer des mesures d’aide d’urgence plutôt qu’un plan de relance économique, selon un responsable gouvernemental non nommé cité par Reuters. Ces projets d’emprunt supplémentaires ont renforcé la baisse des JGB et accru le risque de nouvelle dépréciation du yen, alors que l’USD/JPY approche 160,00. Les marchés commencent aussi à envisager une pression accrue sur le gouvernement pour soutenir le yen si la devise se déprécie davantage.Volatilité des options et risque d’intervention
Les acteurs de marché réagissent à la récente flambée du pétrole, le Brent s’échangeant désormais au-dessus de 95 dollars le baril, en réduisant la probabilité de baisses de taux de la Fed cette année. La baisse des obligations (vente d’obligations qui fait monter leurs taux) a ramené le rendement du Treasury américain à 10 ans à 4,5%, renforçant l’attrait du dollar. Cet écart d’anticipations de politique monétaire (différence attendue de trajectoire des taux) entre les États-Unis et le Japon reste le principal moteur de la paire. Dans le même temps, le yen souffre de facteurs internes, notamment l’hypothèse d’un budget additionnel pour financer de nouvelles mesures d’aide. Avec un ratio dette/PIB (niveau de dette publique rapporté à la taille de l’économie) supérieur à 265%, tout budget supplémentaire nécessiterait probablement de nouveaux emprunts. Cela alimente les ventes de JGB et pèse sur le yen. Ce contexte maintient la pression sur le Japon pour intervenir à nouveau afin de soutenir sa monnaie, comme lors des interventions massives de 2024 et 2025 (opérations du ministère des Finances consistant à acheter du yen et vendre des devises pour freiner la baisse du yen). À mesure que l’USD/JPY se rapproche de 165,00, le risque d’une action soudaine et forte augmente. Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire USD/JPY), acheter des options d’achat (call, droit d’acheter à un prix fixé) sur l’USD/JPY pour viser une hausse peut être moins risqué que détenir la paire au comptant (spot, achat/vente immédiat), car la perte maximale est limitée à la prime (coût de l’option). La combinaison d’une Fed plus restrictive (hawkish, orientée vers des taux plus élevés) et de la menace d’intervention fait monter la volatilité implicite (volatilité anticipée, intégrée dans le prix des options) des options sur le yen. Cela renchérit les options, mais ouvre aussi la voie à des stratégies comme les « call spreads » (achat d’un call et vente d’un autre call à un niveau supérieur) : cette approche vise un mouvement haussier précis de l’USD/JPY tout en plafonnant le coût de la prime.
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