Proposition iranienne et attention des marchés
L’Iran a envoyé aux États-Unis une proposition en trois étapes pour mettre fin à la guerre : arrêt immédiat avec garanties, réouverture du détroit d’Ormuz, puis discussions ultérieures sur le nucléaire. Reuters rapporte que le président Donald Trump a évoqué cette proposition avec ses principaux conseillers à la sécurité nationale, après l’échec des négociations la semaine dernière, l’Iran ne s’étant pas présenté aux pourparlers. Trump a aussi annulé le déplacement de son envoyé au Pakistan. L’attention se tourne désormais vers les chiffres de l’inflation en Australie publiés mercredi par l’ABS (Australian Bureau of Statistics, l’institut national des statistiques), après une journée de mardi sans grande publication australienne. Aux États-Unis, les prochaines statistiques incluent : l’ADP Employment Change (estimation privée de l’évolution de l’emploi), une moyenne sur 4 semaines, des données sur le logement et l’enquête de confiance des consommateurs du Conference Board pour avril. On observe un schéma déjà vu sur le dollar australien, qui rappelle fin avril 2025. À l’époque, la baisse des craintes d’un conflit entre les États-Unis et l’Iran avait aidé l’AUD/USD à se rapprocher de 0,7200. Le climat positif à Wall Street avait aussi soutenu l’aussie, une devise sensible au risque (elle a tendance à monter quand les marchés acceptent davantage de risque).Pourquoi l’aussie est à la traîne
Aujourd’hui, le contexte est différent : l’AUD/USD peine autour de 0,6550 malgré un regain récent d’appétit pour le risque. Même si les tensions en mer de Chine méridionale semblent légèrement reculer, l’aussie ne réagit pas avec la même vigueur. Le S&P 500 (grand indice boursier américain) a aussi progressé, de plus de 2 % sur le dernier mois, sans déclencher de hausse marquée de la devise. Un facteur important est l’inflation australienne, toujours élevée, à 3,8 % au premier trimestre 2026. Cela empêche la Reserve Bank of Australia (RBA, la banque centrale d’Australie) d’envisager des baisses de taux et maintient le taux directeur (cash rate, principal taux de référence) à 4,35 %. Une inflation élevée peut soutenir une monnaie, car elle rend les baisses de taux moins probables, mais cet effet est éclipsé par des facteurs mondiaux. Le principal frein est l’écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et l’Australie. Avec la Fed maintenant son taux directeur dans une fourchette de 5,25 % à 5,50 %, le dollar bénéficie d’un avantage de rendement (les placements en dollars rapportent plus). Il devient donc plus rentable de détenir des dollars que des dollars australiens, ce qui pèse sur l’AUD/USD. Avec ces signaux contradictoires, la volatilité (l’ampleur des variations de prix) pourrait être sous-évaluée. Des stratégies d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) qui gagnent en cas de fort mouvement dans un sens ou dans l’autre — comme un straddle acheteur, qui consiste à acheter simultanément une option d’achat et une option de vente — peuvent être utiles autour des annonces des banques centrales. Le marché semble proche d’une sortie de range, mais la direction reste incertaine. L’écart de taux important explique aussi pourquoi vendre AUD/USD reste une opération de portage (carry trade : emprunter dans une devise à faible rendement et investir dans une devise à rendement plus élevé). Cela suggère que toute hausse de la paire pourrait être rapidement vendue par des traders cherchant à profiter de l’avantage de rendement. On l’a vu en mars 2026, lorsqu’un bref passage au-dessus de 0,6650 a été rapidement effacé. À l’avenir, les opérateurs surveilleront surtout les prochains chiffres d’inflation aux États-Unis et les données sur l’emploi en Australie. Ces statistiques seront déterminantes pour les anticipations de taux, qui dominent actuellement la direction de la paire. Toute surprise pourrait déclencher le prochain mouvement marqué.
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