Risque géopolitique et soutien au dollar
Les tensions géopolitiques ont aussi pesé sur le sentiment de marché: les États-Unis et l’Iran restaient éloignés d’un accord pour mettre fin à plusieurs semaines de guerre et rouvrir le détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport de pétrole). Dimanche, le président Donald Trump a demandé à l’Iran de «bouger», laissant entendre de nouvelles conséquences. Un conflit prolongé pourrait soutenir le dollar américain. Le dollar australien est influencé par la politique de la Reserve Bank of Australia (RBA, la banque centrale australienne). La RBA vise une inflation de 2–3% en ajustant ses taux. Elle peut aussi utiliser, à l’occasion, des achats d’actifs (assouplissement quantitatif, c’est-à-dire création de monnaie pour acheter des obligations) ou, à l’inverse, réduire ces achats ou vendre des actifs (resserrement quantitatif). L’AUD est aussi lié à la santé économique de la Chine et à l’appétit pour le risque (tendance des investisseurs à acheter des actifs jugés plus risqués). Le minerai de fer est la première exportation de l’Australie, pour 118 milliards de dollars par an selon des données 2021, principalement vers la Chine. La balance commerciale (différence entre exportations et importations) peut aussi influencer l’AUD: un excédent tend à soutenir la monnaie, un déficit peut la pénaliser.Conséquences stratégiques pour les opérateurs sur l’AUD/USD
Ainsi, le bruit géopolitique au Moyen-Orient a offert une opportunité, car il a temporairement freiné l’AUD/USD alors que ses soutiens de fond se renforçaient. La tension a constitué un vent contraire, mais la combinaison d’une Fed moins restrictive que prévu et d’une demande solide venant de Chine s’est révélée plus déterminante. Cela s’est traduit par une hausse de la paire jusqu’à la fin 2025 puis au début 2026, franchissant nettement le seuil de 0,7200. Pour les opérateurs, l’approche consistait à dépasser les risques géopolitiques de court terme et à miser sur un retour à des anticipations de hausse de taux plus modérées. Vendre des options de vente (puts, contrats donnant le droit de vendre) AUD/USD très éloignées du prix du marché (out-of-the-money, exercice peu probable au moment de la vente) pouvait être une stratégie pour encaisser une prime (le prix payé pour l’option), en pariant que le soutien des matières premières et des données chinoises limiterait une forte baisse. Autre possibilité: une position acheteuse via des contrats à terme (futures, contrats standardisés d’achat/vente à une date future) sur l’AUD ou via des options d’achat (calls) combinées (spreads, achat et vente d’options pour encadrer le risque) aurait aussi bien fonctionné, à mesure que le marché révisait la trajectoire réelle de la Fed.
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