L’aversion au risque soutient le dollar américain, propulsant l’USD/CHF à la hausse près de 0,7900 sur fond d’incertitudes entre les États-Unis et l’Iran

by VT Markets
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Apr 24, 2026
USD/CHF a aligné une quatrième séance de hausse et s’est négocié autour de 0,7870 durant les échanges asiatiques vendredi, en direction de 0,7900. Le dollar s’est raffermi grâce à la demande de « valeur refuge » (actif jugé plus sûr en période de stress), sur fond d’incertitude liée au conflit États-Unis–Iran. Le Liban devrait demander une prolongation d’un mois du cessez-le-feu actuel avec Israël lors d’un deuxième cycle de discussions directes à Washington. L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Danny Danon, a indiqué que cette prolongation n’était « pas certaine à 100 % ».

La demande de valeur refuge soutient le dollar

L’armée américaine a intercepté deux superpétroliers iraniens accusés de tenter de contourner un blocus (interdiction d’accès ou de passage), tandis que l’Iran a menacé des navires dans le détroit d’Ormuz. Des responsables américains préparent des plans de secours (mesures prévues à l’avance) visant les capacités de l’Iran dans le détroit si le cessez-le-feu prend fin. Les inscriptions hebdomadaires au chômage (nombre de nouvelles demandes d’allocations) aux États-Unis sont montées à 215 000, contre 212 000. Les indices PMI de S&P Global (enquêtes auprès des entreprises qui mesurent l’activité) ont dépassé les attentes, avec l’industrie manufacturière à 54,0 et les services à 51,3. En Suisse, l’excédent commercial (exportations moins importations) s’est réduit à 2,7 milliards de francs en mars, contre 4,4 milliards en février (chiffre révisé). Les importations ont bondi de 10,1 % sur un mois à 19,6 milliards, tandis que les exportations ont progressé de 1 % à 22,4 milliards. En revenant aux analyses d’il y a plus d’un an, on constate que les moteurs de l’USD/CHF ont changé. La paire a depuis nettement progressé depuis 0,7900 et évolue désormais autour de 0,9150. L’aversion au risque (tendance à éviter les actifs risqués) liée au conflit États-Unis–Iran de 2025 s’est en grande partie dissipée.

Glissement vers l’écart de politiques monétaires

L’attention portée au détroit d’Ormuz s’est atténuée après des accords de désescalade fin 2025. Cela a réduit la demande de valeur refuge qui soutenait alors le dollar et le franc suisse. L’attention du marché se déplace des risques géopolitiques vers l’écart de politiques monétaires entre banques centrales (différences de trajectoires de taux). Les données américaines, solides à l’époque, offrent aujourd’hui un tableau plus contrasté. Les demandes hebdomadaires d’allocations chômage restent proches de 210 000, mais le dernier ISM manufacturier (enquête d’activité) a reculé à 49,8, ce qui signale une légère contraction (niveau sous 50). Les services restent toutefois solides, avec un PMI services à 53,5. Les anticipations de 2025 d’une Banque nationale suisse (BNS) plus « faucon » (plus encline à relever les taux pour lutter contre l’inflation) se sont révélées fausses. L’inflation suisse étant retombée à 1,2 %, la BNS a été parmi les premières grandes banques centrales à engager un cycle d’assouplissement (baisse des taux), en abaissant son taux directeur (taux de référence) à 1,50 % le mois dernier. À l’inverse, la Réserve fédérale américaine maintient son taux directeur inchangé. Cet écart de politique monétaire crée un différentiel de taux d’intérêt (écart de rendement entre deux monnaies) favorable au dollar, ce qui soutient l’USD/CHF. Les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) peuvent envisager de vendre des options de vente (puts) USD/CHF « hors de la monnaie » (prix d’exercice éloigné du cours, donc sans valeur immédiate) ou de mettre en place des « bull put spreads » (stratégie combinant la vente d’un put et l’achat d’un autre put à un prix d’exercice plus bas). L’objectif est de capter le portage (gain lié au différentiel de taux, proche d’une stratégie de « carry trade ») et l’effet de plancher que ce différentiel peut apporter à la paire. La volatilité implicite (volatilité attendue par le marché et intégrée dans le prix des options) s’est aussi nettement tassée depuis les pics de 2025. Dans ce contexte, il coûte moins cher de construire des positions haussières via des options d’achat (calls). Les investisseurs peuvent regarder l’achat de calls à échéance trois à six mois pour viser une poursuite de la hausse, mais plus graduelle.

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