L’attention du marché se déplace vers la perspective d’un accord
Les précédentes échéances en mars et avril se sont écoulées sans accord durable, avec des cessez-le-feu annoncés puis rompus. Les éléments communiqués sont décrits comme un programme de discussions plutôt qu’un accord signé, et le chef de l’armée pakistanaise se rendrait à Téhéran pour combler les derniers désaccords. Sur le graphique en 4 heures, le WTI a évolué en mai entre un support (zone où les achats tendent à freiner la baisse) autour de 95 à 96 dollars et une résistance (zone où les ventes freinent la hausse) à 104 à 105 dollars, avec un sommet fin avril proche de 107 dollars. Une cassure sous 100 dollars pourrait viser 95 à 96 dollars, et la réouverture du détroit pourrait ramener les prix vers 90 dollars, certaines prévisions allant jusqu’à 80 dollars d’ici la fin de l’année.La volatilité des options recule avec la baisse du risque géopolitique
Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, ici le pétrole), cela signifie que la volatilité implicite (niveau de variation anticipé par le marché, intégré dans le prix des options) a nettement baissé par rapport aux pics observés pendant la crise d’Ormuz en 2025. Le CBOE Crude Oil Volatility Index (OVX), un indice qui mesure la volatilité attendue via les options sur le pétrole, évolue actuellement autour de 28, loin des niveaux supérieurs à 40 fréquents lors des incertitudes du printemps dernier. Avec moins de risque de choc soudain sur l’offre, les options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix donné) sont nettement moins chères. Ce contexte est favorable aux stratégies qui consistent à vendre une prime (encaisser le prix de l’option en échange d’un risque), car le marché semble évoluer surtout à l’horizontale. Vendre des « strangles » (vente d’un call et d’un put hors de la monnaie, à des prix d’exercice éloignés) ou des « iron condors » (combinaison de ventes et d’achats de calls et puts pour encadrer le risque) en dehors d’une fourchette attendue de 77 à 87 dollars peut permettre d’encaisser une prime pendant que le marché réagit davantage aux données économiques qu’aux titres liés à la guerre. Le pari repose sur l’idée que la forte volatilité de l’an dernier est désormais derrière nous. Il faut toutefois surveiller tout changement de politique de l’OPEP+ (alliance des pays de l’OPEP et d’autres producteurs, dont la Russie, qui coordonnent une partie de leur production), qui se réunit le mois prochain, ainsi que d’éventuels signes de ralentissement de la demande en Asie. Même si le principal risque de l’an dernier s’est atténué, un nouveau facteur déclencheur peut apparaître. Il convient donc de gérer les positions avec des ordres de protection (« stop-loss », seuils de vente automatiques pour limiter les pertes) en cas de rupture inattendue du calme actuel.
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