Signal d’inflation et pression sur la politique monétaire
La hausse inattendue de 2,3 % des prix à la production constitue un signal inflationniste fort, bien supérieur aux attentes. Cela accroît la pression sur la Banque du Japon pour réévaluer plus tôt sa politique monétaire (c’est-à-dire le niveau des taux et les mesures de soutien à l’économie). Le marché doit désormais envisager une banque centrale plus « restrictive » (hawkish : davantage tournée vers la lutte contre l’inflation, donc potentiellement des taux plus élevés) dans les prochaines semaines. Ces données plaident pour un yen plus ferme. La hausse des coûts d’importation est claire, ce qui incite la banque centrale à privilégier une monnaie plus forte afin de freiner l’inflation. Des stratégies sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme des options ou des contrats à terme) visant une baisse de l’USD/JPY (donc un yen qui se renforce) peuvent être envisagées. Ce choc sur le PPI intervient alors que l’inflation sous-jacente (core CPI : inflation hors éléments très volatils, souvent l’énergie et l’alimentation) de mars est déjà à 2,8 %, au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque du Japon. Avec un USD/JPY au-dessus de 165, ces hausses de prix de gros ont de fortes chances d’être répercutées vers les consommateurs. Le marché pourrait donc intégrer (pricing in : ajuster les prix des actifs en anticipation) une hausse de taux dès le troisième trimestre. En conséquence, les rendements des obligations d’État japonaises (JGB : Japanese Government Bonds) pourraient être orientés à la hausse. Le rendement du JGB à 10 ans, autour de 1,1 %, pourrait retester ses récents sommets si les investisseurs vendent des obligations par anticipation de taux directeurs plus élevés. Des positions vendeuses sur les contrats à terme sur JGB (futures : contrats standardisés pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) peuvent servir de couverture (hedge : réduire un risque) ou permettre de tirer profit de ce scénario.Conséquences pour les actions
Pour les actions, c’est un facteur défavorable pour le Nikkei 225. La perspective de coûts d’emprunt plus élevés et d’un yen plus fort — défavorable aux exportateurs car il réduit les revenus convertis en yens — pourrait stopper la récente hausse. L’achat d’options de vente (put options : droit de vendre à un prix fixé, utile si le marché baisse) sur l’indice peut permettre de se protéger contre une correction.
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