Implications pour la politique de la Fed
Ce chiffre d’emploi d’avril, légèrement meilleur que prévu, confirme que le marché du travail ralentit. La Fed (Réserve fédérale américaine, la banque centrale des États-Unis) cherche précisément ce type d’évolution pour être plus à l’aise avec un retour de l’inflation vers sa cible (en général 2% par an). Cela augmente la probabilité d’une baisse de taux avant la fin du troisième trimestre. Ces données s’ajoutent à d’autres indicateurs récents, comme le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI, l’indicateur de référence de l’inflation) qui a montré un repli de l’inflation « core »/sous-jacente (inflation hors énergie et alimentation, plus stable) à 2,8% sur un an. L’attention se porte maintenant sur le rapport officiel Non-Farm Payrolls (NFP, les créations d’emplois hors secteur agricole, publication mensuelle très suivie) de vendredi, pour vérifier si ce ralentissement se confirme. Un chiffre inférieur à 150 000 renforcerait probablement l’anticipation du marché d’une baisse de taux en septembre. En arrière-plan, le marché du travail étonnamment solide en 2025 a obligé la Fed à maintenir des taux élevés plus longtemps que prévu. La tendance actuelle marque une rupture, et suggère un basculement de l’environnement économique. Dans ce contexte, parier sur des taux plus bas devient plus crédible qu’au cours de l’année écoulée. En réaction, la demande augmente nettement pour des dérivés (produits financiers dont la valeur dépend d’un actif ou d’un taux) liés aux réunions de la Fed en septembre et décembre. Les intervenants utilisent des options et des contrats à terme (futures, accords d’achat/vente à une date future) sur le SOFR (taux de référence au jour le jour en dollars, utilisé pour de nombreux prêts et dérivés) pour se positionner sur au moins une baisse de taux de 0,25 point d’ici la fin de l’année. Le coût de la couverture (hedging, protection contre un scénario défavorable) contre une hausse des taux a nettement reculé ces dernières 24 heures.Positionnement de marché et appétit pour le risque
Sur les dérivés actions, cette nouvelle renforce le scénario d’un « atterrissage en douceur » (ralentissement de l’économie sans récession), généralement favorable aux actions. Le VIX (indice de volatilité attendue du S&P 500, souvent appelé « baromètre de la peur ») est déjà passé sous 14 après ces données, à un plus bas de plusieurs mois. Cela suggère que certains peuvent privilégier des stratégies profitant d’un marché stable ou en hausse, comme vendre des options de vente (puts, instruments qui gagnent si l’indice baisse, ici vendus pour encaisser une prime) ou acheter des « call spreads » (stratégie d’options qui vise une hausse limitée du S&P 500 en réduisant le coût par rapport à un call simple). Le scénario d’un dollar américain plus faible gagne aussi du terrain, car des taux plus bas rendent la monnaie moins attractive. On observe des positions sur des options visant à profiter d’un euro et d’un yen plus forts face au dollar. Cette dynamique pourrait s’accélérer si le rapport sur l’emploi de vendredi ressort lui aussi plus faible que prévu.
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