Les risques d’escalade soutiennent le dollar
Les espoirs d’apaisement se sont affaiblis après que Donald Trump a indiqué que les opérations militaires se poursuivraient, sans calendrier clair. Les prix du pétrole ont ensuite progressé, sur fond de craintes de perturbations d’approvisionnement liées au détroit d’Ormuz (un passage maritime stratégique pour le transport mondial de pétrole). La hausse du pétrole a conduit les investisseurs à réévaluer les trajectoires des banques centrales, car un renchérissement de l’énergie peut alimenter l’inflation (hausse générale des prix) et peser sur la croissance (rythme d’activité économique). Le marché intégrait alors deux à trois hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) d’ici la fin de l’année, tandis que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) était attendue stable jusqu’en 2026. La zone euro était jugée plus exposée à un choc énergétique en raison de sa dépendance aux importations d’énergie, tandis que les États-Unis étaient décrits comme exportateurs nets (ils exportent plus d’énergie qu’ils n’en importent). L’inflation en zone euro était présentée comme plus proche de l’objectif de 2% de la BCE, tandis que les tensions sur les prix aux États-Unis étaient jugées plus fortes. Le membre de la BCE François Villeroy de Galhau a déclaré que le prochain mouvement des taux directeurs (les taux de référence fixés par la banque centrale) était « très probablement à la hausse ». Il a indiqué que les « anticipations d’inflation du marché » (ce que les investisseurs projettent pour l’inflation future, souvent déduit des prix d’obligations) avaient « fortement augmenté » et que la situation se rapprochait du scénario défavorable intermédiaire de la BCE plutôt que du scénario central.L’attention se tourne vers les données américaines
L’attention se porte sur le rapport américain sur l’emploi (Nonfarm Payrolls — créations d’emplois hors agriculture) attendu vendredi, un indicateur clé pour les anticipations de politique monétaire de la Fed et l’orientation à court terme de l’EUR/USD. Nous voyons l’EUR/USD buter autour de 1,0750, la reprise des tensions au Moyen-Orient renforçant le dollar. La demande de valeur refuge (achats d’actifs jugés plus sûrs en période d’incertitude) a porté le DXY à 104,30, un plus haut depuis plus d’un mois. Le marché réagit au risque de perturbations des expéditions de pétrole via le détroit d’Ormuz. La hausse rapide des coûts de l’énergie pousse les intervenants à revoir les attentes de politique monétaire, la zone euro étant plus vulnérable à un choc énergétique que les États-Unis. Les marchés intègrent désormais une probabilité de 60% d’une hausse de taux de la BCE d’ici juillet, contre 25% il y a un mois. À l’inverse, les contrats à terme sur les taux de la Fed (Fed funds futures — instruments qui reflètent les anticipations de taux directeurs) suggèrent que les investisseurs tablent toujours sur un statu quo jusqu’au troisième trimestre. Dans ce contexte, les investisseurs utilisant des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) peuvent se tourner vers les options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour encadrer le risque et profiter d’une volatilité plus élevée. La volatilité implicite (niveau de volatilité attendu par le marché, dérivé des prix des options) sur les options EUR/USD à un mois est déjà passée de 5,8% à 7,9%. Cela suggère que l’achat de puts (options de vente, utiles pour se protéger contre une baisse) peut servir de couverture. Autre approche: construire un « strangle » (achat simultané d’un call et d’un put avec des prix d’exercice différents) afin de profiter d’un mouvement marqué dans un sens ou dans l’autre. La forte dépendance de la zone euro aux importations d’énergie la rend particulièrement sensible, ce qui peut peser sur l’euro même si la BCE reste ferme sur l’inflation. Les dernières données d’Eurostat de mars 2026 montraient déjà une inflation globale (headline — inflation totale incluant énergie et alimentation) tenace à 2,6%, et ce choc pétrolier ajoute une pression supplémentaire. Les États-Unis, exportateurs nets d’énergie, sont davantage protégés. À venir, les investisseurs surveilleront l’indice des prix à la consommation (CPI — mesure de l’inflation côté ménages) américain de la semaine prochaine. Le précédent rapport sur l’emploi de mars avait montré une hausse de 215.000 emplois, solide sans être exceptionnelle, maintenant la Fed dans une posture d’attente. Un CPI plus élevé que prévu pourrait toutefois modifier rapidement cette lecture et renforcer la hausse du dollar.
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