Les risques sur l’offre s’intensifient
Les États-Unis ont accru la pression sur l’Iran, notamment en envisageant des sanctions visant des raffineurs chinois liés à Téhéran. Des mesures ont aussi été étudiées contre les pays qui paieraient des droits de passage pour transiter par Ormuz. Les Émirats arabes unis doivent quitter l’Opep le 1er mai, a rapporté Reuters mardi. Le rapport relie cette décision au conflit avec l’Iran et à des divergences croissantes entre États du Golfe. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que les capacités de stockage sur l’île de Kharg étaient presque saturées, ce qui coûterait à l’Iran environ 170 millions de dollars par jour de recettes perdues. Il a précisé que le Trésor avait sanctionné une grande partie de la « flotte fantôme » iranienne (pétroliers opérant via des sociétés écrans et des circuits opaques pour contourner les sanctions) et a averti que les acheteurs de pétrole iranien pourraient être exclus du système bancaire américain (c’est-à-dire privés d’accès aux paiements en dollars et aux banques ayant des liens avec les États-Unis). Le WTI se rapprochant de 97 dollars, la trajectoire immédiate des prix apparaît orientée nettement à la hausse. La fermeture de fait du détroit d’Ormuz retire temporairement du marché environ 21 millions de barils par jour, soit près de 20% de l’offre mondiale. Cette perturbation majeure implique que les opérateurs doivent s’attendre à une poursuite de la hausse des prix.Volatilité et positionnement
L’incertitude autour du conflit États-Unis–Iran et la sortie annoncée des Émirats de l’Opep pointe vers une très forte volatilité du marché (variations de prix rapides et amples). L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX — indicateur mesurant la volatilité attendue à partir des prix des options sur le pétrole) pourrait évoluer à des plus hauts de plusieurs années, comme lors du choc d’offre de 2022. Une stratégie consiste à acheter des options d’achat (« call » — droit, mais non obligation, d’acheter à un prix fixé) sur des contrats à terme (« futures » — contrats standardisés d’achat/vente à une date future) WTI et Brent à échéance juin et juillet 2026, afin de profiter d’un mouvement haussier. Historiquement, les chocs géopolitiques sur l’offre provoquent des hausses rapides des prix, comme en 2022 lorsque le Brent est passé de 90 à plus de 120 dollars en moins d’un mois. La situation à Ormuz est une perturbation plus directe de l’approvisionnement physique. Il n’est donc pas exclu de voir les prix retester 120 dollars avant la fin du deuxième trimestre. Un élargissement marqué de l’écart de prix entre le Brent et le WTI est également attendu. La crise d’offre est concentrée sur le pétrole du Moyen-Orient, généralement indexé sur le Brent, donc plus sensible aux pénuries immédiates. La sortie officielle des Émirats de l’Opep le 1er mai sera une date clé, susceptible d’ajouter de l’instabilité et de soutenir les cours. Contrairement à d’autres crises, les marges d’intervention des pouvoirs publics semblent limitées, ce qui renforce le scénario de prix plus élevés. La Réserve stratégique de pétrole des États-Unis (SPR — stock public d’urgence) contient environ 365 millions de barils, proche d’un plus bas de 40 ans, ce qui réduit la capacité à amortir une interruption prolongée. Ce faible coussin, combiné aux sanctions qui restreignent la flotte fantôme iranienne, laisse penser que la tension sur l’offre ne se résorbera pas rapidement.
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