Implications pour la politique de la Fed
L’accélération de la croissance des ventes au détail à 4,9 % indique que les ménages dépensent plus que prévu. Cette solidité laisse penser que les tensions sur les prix pourraient durer, ce qui pousserait la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale américaine) à conserver une politique monétaire restrictive (c’est‑à‑dire des taux d’intérêt élevés pour freiner la demande). Il faut donc réduire les attentes de baisses de taux à court terme. Ce rapport est d’autant plus important qu’il fait suite aux chiffres de l’inflation d’avril (CPI, l’indice des prix à la consommation), qui ont montré une inflation sous‑jacente (hors énergie et alimentation, plus stable) toujours élevée à 3,7 %, sans baisse nette. En réaction, les marchés évaluent désormais à moins de 15 % la probabilité d’une première baisse de taux d’ici juillet, contre 40 % il y a trois semaines. Autrement dit, les investisseurs intègrent plus vite un scénario de taux « plus élevés plus longtemps ». Pour les investisseurs qui utilisent des produits dérivés sur actions (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme une action), ce contexte favorise les options d’achat (call, droit d’acheter plus tard à un prix fixé) sur les valeurs de consommation discrétionnaire (dépenses non essentielles) et sur les industrielles, qui profitent d’une demande solide. À l’inverse, prudence sur les secteurs sensibles aux taux, comme les services aux collectivités (utilities) et l’immobilier, pénalisés lorsque le coût d’emprunt reste élevé. Des stratégies de « divergence » (miser sur l’écart de performance), par exemple être acheteur sur la consommation et vendeur sur les utilities, peuvent fonctionner. Avec le recul, ce schéma rappelle 2023, lorsque des données économiques robustes ont plusieurs fois repoussé l’idée d’un changement de cap de la Fed (le moment où la banque centrale commence à baisser les taux). À l’époque, l’optimisme initial a laissé place à davantage de volatilité (fortes variations des prix) à mesure que les marchés acceptaient des taux durablement élevés. Ce précédent incite à la prudence, malgré des signaux de croissance favorables.Dollar et écart de taux
Sur le marché des changes, ces données confortent le scénario d’un dollar plus fort. Comme la croissance américaine et les anticipations de taux dépassent celles de l’Europe et du Japon, les produits dérivés misant sur une poursuite de la hausse du dollar face à l’euro et au yen paraissent intéressants. Nous attendons que l’écart de taux d’intérêt (différence entre les niveaux de taux) soit le principal moteur des devises dans les prochaines semaines.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets