Impact de la politique de la Fed
La contre-performance des ventes de logements neufs est un premier signe concret que la politique monétaire restrictive de la Réserve fédérale (Fed) — c’est-à-dire des taux d’intérêt maintenus élevés pour freiner l’inflation — pèse davantage que prévu. Nous n’y voyons pas un chiffre isolé, mais un indicateur avancé (un signal précoce) d’un ralentissement économique plus large. Cette faiblesse d’un secteur clé devrait augmenter la pression sur la Fed pour adoucir son ton « faucon » (discours favorable à des taux élevés et à une politique ferme contre l’inflation) dans les prochains mois. Cela rend attrayantes, à court terme, des positions à la baisse sur les valeurs liées à la construction de logements et les secteurs associés. Le SPDR S&P Homebuilders ETF (XHB) — un fonds indiciel coté qui réplique un panier d’actions de constructeurs — a déjà reculé de plus de 2% après cette publication, et nous anticipons d’autres replis. Nous envisageons d’acheter des options de vente (« put » : un contrat qui prend de la valeur si l’action baisse) sur de grands constructeurs comme Lennar et PulteGroup, avec des échéances fin juin, afin de profiter d’un recul attendu. Ce signal modifie aussi les anticipations sur les taux d’intérêt. Il suggère que le marché sous-estime peut-être la probabilité d’une baisse de taux avant la fin de l’année. Nous étudions donc des positions sur des produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un taux ou d’un actif de référence) liés au SOFR, le taux de référence du marché monétaire américain adossé aux opérations garanties au jour le jour. Ces positions bénéficieraient d’un virage plus « colombe » (orientation plus accommodante, favorable à des taux plus bas) de la banque centrale. Le marché n’intègre actuellement qu’une seule baisse de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) cette année, mais ces données suggèrent un risque orienté vers une action plus marquée. Le problème de fond est l’accessibilité financière: se loger coûte plus cher au regard des revenus, et la situation s’est nettement dégradée depuis l’an dernier. Avec des taux de crédit immobilier sur 30 ans remontés à 7,2% fin avril, selon Freddie Mac (organisme américain qui publie une mesure de référence des taux hypothécaires), la demande est freinée. C’est une mécanique déjà observée lors du ralentissement de 2023, lorsque l’immobilier a précédé un affaiblissement plus général de l’économie après le passage des taux au-dessus de 7%.Se positionner face à la volatilité
Avec l’incertitude entre une inflation persistante (qui recule lentement) et, désormais, des signaux de croissance qui faiblissent, nous nous attendons à une hausse de la volatilité (des variations rapides et plus fortes des prix). L’indice VIX — indicateur de la volatilité implicite, c’est-à-dire de la volatilité anticipée par le marché à partir du prix des options — évolue actuellement sous 16, ce qui paraît trop serein alors que la Fed est prise entre deux contraintes opposées. Nous estimons que l’achat d’options d’achat (« call » : un contrat qui prend de la valeur si le VIX monte) sur le VIX constitue une couverture (protection du portefeuille) prudente contre les à-coups de marché attendus dans les prochaines semaines.
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