L’EUR/GBP reste sous pression alors que les traders privilégient la livre sterling, réévaluant la politique de la BCE et de la BoE sur fond d’inquiétudes liées au pétrole

by VT Markets
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Mar 11, 2026
L’EUR/GBP a baissé pour une cinquième séance mercredi, s’échangeant près de 0,8628, proche de son plus bas niveau depuis le 4 février. Ce mouvement survient alors que les traders réévaluent les perspectives de politique monétaire de la BCE et de la BoE, sur fond d’inquiétudes concernant la hausse des prix du pétrole liée au conflit États-Unis–Iran. Avant le conflit, les marchés estimaient à environ 80% la probabilité d’une baisse de taux de la BoE lors de la décision de la semaine prochaine. Des prix du pétrole plus élevés augmentent l’incertitude sur l’inflation (hausse générale des prix), ce qui pourrait pousser la BoE à retarder ces baisses de taux.

Prix de l’énergie et risque d’inflation

David Miles, de l’Office for Budget Responsibility (organisme public britannique qui évalue les finances publiques), a déclaré que des chocs énergétiques (hausse rapide et inattendue des prix de l’énergie) pourraient faire monter les prix, avec une estimation d’environ +1% sur les prix à la consommation (prix payés par les ménages) d’ici la fin de l’année si les conditions de prix ne changent pas. L’Agence internationale de l’énergie (organisation qui coordonne des politiques énergétiques) a accepté de libérer environ 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques (stocks d’urgence détenus par les États) de ses membres pour répondre à la hausse des coûts de l’énergie. Pour la BCE, la probabilité intégrée par le marché (probabilité déduite des prix de marché) indique 60% à 70% de chances d’une hausse de taux d’ici juin. L’EUR/GBP a été pénalisé car la baisse des attentes de réductions de taux par la BoE a davantage soutenu la livre que les perspectives de hausse de taux de la BCE n’ont soutenu l’euro. Joachim Nagel a indiqué que la BCE agirait si une flambée des prix de l’énergie entraînait une inflation durablement plus élevée, et il a mentionné un risque d’inflation accru, avec des perspectives économiques plus faibles. L’an dernier, on a vu comment un choc pétrolier lié au conflit États-Unis–Iran a forcé la Banque d’Angleterre à retarder les baisses de taux attendues. Ce ton plus strict (position plus « dure » contre l’inflation, donc moins enclin à baisser les taux) a nettement soutenu la livre face à l’euro. Cette logique établit un schéma clair: une inflation tirée par l’énergie donne à la BoE une raison de garder une politique plus stricte plus longtemps.

Conséquences de trading pour l’EUR/GBP

Aujourd’hui, on observe une divergence similaire qui se forme, même sans conflit majeur. Des statistiques récentes montrent que l’inflation au Royaume-Uni reste élevée à 4,0%, tandis que celle de la zone euro a reculé plus nettement à 2,8%. Ces données laissent beaucoup moins de marge à la Banque d’Angleterre pour envisager des baisses de taux, comparé à la Banque centrale européenne. Cela renforce l’idée de se positionner pour une poursuite de la faiblesse de l’EUR/GBP dans les prochaines semaines. Les traders peuvent envisager d’utiliser des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé à l’avance) pour exprimer une vue baissière (anticipation d’une baisse) sur la paire, par exemple en achetant des puts (option qui gagne de la valeur si le prix baisse) sur l’EUR/GBP. Cette stratégie permet de profiter d’un mouvement baissier tout en définissant clairement le risque maximum. Le moteur principal est la différence d’anticipations de politique monétaire, qui peut se négocier directement via des dérivés de taux d’intérêt (contrats financiers dont la valeur dépend des taux, utilisés pour spéculer ou se couvrir). L’environnement actuel suggère d’envisager des positions qui profitent du maintien de taux britanniques élevés par rapport à ceux de la zone euro. Cette approche mise sur l’idée que le marché sous-estime encore la nécessité pour la BoE de lutter contre une inflation domestique plus persistante (inflation qui baisse lentement). On peut se souvenir de la période après la crise énergétique de 2022, où le problème d’inflation du Royaume-Uni est resté plus difficile à réduire que celui de la zone euro pendant une longue période. Cet historique, combiné à des perspectives de croissance fragiles pour l’Allemagne, première économie d’Europe, suggère que tout nouveau choc d’offre (réduction soudaine de la disponibilité de pétrole ou d’énergie) toucherait probablement davantage l’euro. Cela renforce une vision baissière pour la paire de devises à l’avenir.

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