Les données de la zone euro pèsent sur l’euro
La production industrielle de la zone euro a augmenté de 0,2% en mars, sous les attentes de 0,3%, et février a été révisé en baisse à 0,2% contre 0,4%. Sur un an, la production recule de -2,1% en mars, pire que -0,8% en février. Au Royaume-Uni, l’attention est restée centrée sur les tensions politiques après les revers aux élections locales et les démissions de quatre secrétaires d’État adjoints mardi. Le Premier ministre Keir Starmer a déclaré qu’il resterait en fonction malgré les appels à la démission. Le calendrier des statistiques britanniques était léger mercredi, avec le PIB du T1 attendu jeudi. La croissance est attendue en amélioration, même si les chiffres de mars devraient être faibles dans le contexte de la guerre en Iran. Nous avons déjà vu l’euro en difficulté face à la livre à la même période l’an dernier, mi-2025, lorsqu’il n’a pas réussi à tenir le seuil de 0,8700. La pression venait de chiffres de croissance faibles en zone euro, avec un PIB du T1 2025 confirmé à seulement 0,1% tandis que la production industrielle se contractait.Changement de dynamique de croissance en 2026
Aujourd’hui, le tableau économique évolue. La dernière estimation rapide d’Eurostat (publication préliminaire) montre que l’économie de la zone euro a progressé de 0,3% au premier trimestre 2026, au-dessus des attentes et au plus haut depuis plus d’un an. En parallèle, les dernières données de l’Office for National Statistics (l’institut public britannique des statistiques) indiquent que la croissance du PIB britannique au T1 2026 a ralenti à 0,2%, alors qu’une inflation persistante des services (hausse des prix dans les activités de services comme la restauration, les transports ou la santé) continue de peser sur les perspectives. Cet écart de dynamique, à l’inverse de 2025, suggère que la force de la livre face à l’euro pourrait s’essouffler. Le récit passe d’une zone euro atone et d’un Royaume-Uni résistant à une zone euro en reprise et un Royaume-Uni en ralentissement. Dans ce contexte de possible retournement, il faut envisager un positionnement pour une hausse du taux de change EUR/GBP. Acheter des options d’achat (call, droit d’acheter à un prix fixé à l’avance) avec des prix d’exercice (strike, prix auquel l’achat est possible) juste au-dessus du cours au comptant (spot, prix actuel), en visant par exemple 0,8750 avec des échéances fin juillet ou août, donnerait une exposition à la hausse. La volatilité implicite (volatilité anticipée par le marché et intégrée dans le prix des options) est restée relativement faible sur la paire, ce qui rend les primes d’option (coût payé pour acheter l’option) plus intéressantes pour exprimer ce scénario. La trajectoire de politique monétaire des banques centrales sera déterminante dans les prochaines semaines. Alors que la Banque d’Angleterre subit une pression pour assouplir sa politique (baisser les taux ou adopter une approche plus accommodante) face au ralentissement, la Banque centrale européenne pourrait maintenir ses taux inchangés plus longtemps, compte tenu du regain d’activité et d’une inflation sous-jacente (mesure qui exclut les éléments les plus volatils comme l’énergie et l’alimentation) encore au-dessus de la cible, à 2,7%. Cet écart de politique monétaire pourrait soutenir durablement l’euro face à la livre.
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