Risques d’inflation persistante
L’inflation italienne plus élevée que prévu surprend et indique que les hausses de prix dans la zone euro sont plus difficiles à faire baisser que prévu. Cela remet en cause l’idée que la Banque centrale européenne (BCE, la banque centrale de la zone euro) dispose d’une trajectoire simple vers des baisses de taux cet été. Il faut donc réévaluer le calendrier et l’ampleur d’un éventuel assouplissement de la BCE (un assouplissement signifie une politique monétaire moins restrictive, généralement via des baisses de taux). Cette donnée complique la réunion de juin de la BCE, car l’inflation de la zone euro reste elle aussi tenace, autour de 2,7% selon les dernières estimations « flash » (des chiffres provisoires publiés rapidement). Dans ce contexte, les marchés de taux pourraient réduire la probabilité de baisses de taux rapides plus tard dans l’année. Cela peut se voir dans les contrats à terme sur les taux (des instruments financiers qui reflètent les anticipations de taux futurs), notamment ceux liés à l’Euribor (un taux de référence des prêts entre banques en zone euro). Les opérateurs peuvent envisager des positions qui profitent d’un maintien des taux à un niveau élevé plus longtemps. Cette statistique ravive aussi l’attention sur l’écart entre les rendements des obligations d’État italiennes (BTP) et ceux des obligations allemandes (Bund), un indicateur du risque perçu sur l’Italie par rapport à l’Allemagne. Cet écart, proche de 135 points de base (1 point de base = 0,01 point de pourcentage), pourrait s’élargir si les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour détenir de la dette italienne. En conséquence, l’euro pourrait être soutenu si les attentes de baisses de taux de la BCE reculent, d’autant que la Réserve fédérale américaine (Fed, la banque centrale des États-Unis) affiche une posture patiente. Cet écart de politique monétaire (des taux qui resteraient plus élevés en zone euro qu’anticipé, relativement aux États-Unis) peut favoriser l’euro face au dollar dans les prochaines semaines. Une façon de se positionner consiste à utiliser des options d’achat (« call options », des contrats donnant le droit d’acheter une devise à un prix fixé) sur l’EUR/USD, ou d’autres stratégies visant à profiter d’un euro plus fort.Volatilité et positionnement
La surprise de ce rapport sur l’inflation peut accroître la nervosité des marchés avant les prochaines publications. Cette incertitude peut pousser à la hausse la volatilité implicite (la volatilité anticipée par le marché, déduite des prix des options) sur plusieurs classes d’actifs. Dans ce cadre, certains peuvent envisager d’acheter des options, par exemple des « straddles » sur l’indice Euro Stoxx 50 (une stratégie consistant à acheter à la fois une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice, afin de profiter d’un mouvement important, quelle qu’en soit la direction).
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