Conséquences pour la politique de la BCE
Ce chiffre n’est pas isolé : il va dans le même sens que l’estimation rapide (« flash », une première estimation publiée très tôt) de la zone euro pour février, qui plaçait l’inflation totale (« headline », l’inflation globale) à 2,7 %, toujours élevée. Plus important encore, les chiffres récents montrent que l’inflation des services (un indicateur clé des prix liés à l’économie intérieure, comme les loyers, les transports, les assurances) reste proche de 3,5 %. Cela rend difficile pour la BCE de justifier un assouplissement (réduire les taux ou rendre la politique monétaire moins stricte). Nous réduisons donc notre exposition aux contrats à terme sur taux d’intérêt (produits financiers qui permettent de parier sur l’évolution future des taux) qui anticipent des baisses avant le troisième trimestre. Nous avons vu un schéma similaire début 2025 : des rapports d’inflation encourageants ont été suivis de chiffres plus élevés que prévu, obligeant le marché à revoir sa vision de la trajectoire de la BCE (le chemin probable des décisions de taux). Cette période a montré que la banque centrale restera prudente et préférera attendre une tendance plus longue de désinflation (ralentissement durable de la hausse des prix). Cet exemple historique soutient l’achat d’options de vente (« put options », un contrat qui prend de la valeur si le prix baisse) sur l’indice CAC 40, car les marchés d’actions réagiront probablement mal à l’idée de taux plus élevés plus longtemps. Une BCE plus « faucon » (hawkish : plus stricte, plus encline à maintenir ou monter les taux pour combattre l’inflation) que d’autres banques centrales soutiendra aussi l’euro. Après cette surprise d’inflation, nous regardons des options d’achat (« call options », un contrat qui prend de la valeur si le prix monte) sur EUR/USD comme une façon moins coûteuse de se positionner sur une hausse de la monnaie dans les prochaines semaines. L’incertitude plus forte signifie aussi que la volatilité implicite (le niveau de variations attendu par le marché, intégré dans le prix des options) peut augmenter, ce qui peut être un bon moment pour revoir le prix des options et chercher des opportunités. Ce changement de récit sur l’inflation aura un effet direct sur les rendements des obligations d’État (le taux de rendement des titres publics), très sensibles aux attentes sur la politique des banques centrales. Nous pensons que le rendement du Bund allemand à 2 ans (obligation d’État allemande) pourrait retester les plus hauts vus fin 2025. Nous devrions donc envisager d’ouvrir des positions vendeuses sur les contrats à terme d’obligations allemandes (parier sur une baisse), afin de se couvrir (réduire le risque) ou de profiter d’une baisse des prix des obligations.
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