La force du dollar pèse sur l’or
Le blocus américain des ports iraniens et la fermeture de fait du détroit d’Ormuz ont porté le pétrole brut à un plus haut de deux semaines. L’outil FedWatch du CME Group (indicateur qui compile les paris des marchés sur les décisions de taux de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine) montre que les opérateurs évaluent à plus de 50% la probabilité d’une hausse des taux de la Fed d’ici la fin de l’année, ce qui soutient les rendements des bons du Trésor (taux d’intérêt servis par la dette américaine) et le dollar. Les marchés suivront mercredi la publication des minutes du FOMC (compte rendu détaillé de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed) ainsi que, cette semaine, les PMI « flash » mondiaux (premières estimations d’enquêtes sur l’activité des entreprises). Les développements géopolitiques pourraient continuer d’alimenter la volatilité (variations rapides et fortes des prix) et d’influencer l’or. Sur les marchés physiques, les décotes en Inde ont atteint un record la semaine dernière, tandis que les primes en Chine sont restées élevées. Ces éléments ne permettent pas d’identifier un niveau de soutien clair aux prix. Sur le plan technique, l’échec de la semaine dernière près de la moyenne mobile à 100 jours (prix moyen des 100 dernières séances, utilisé comme repère de tendance) et un passage sous 4 500 dollars renforceraient le risque de baisse. Le RSI est proche de 40 (indicateur de momentum qui mesure la vitesse des mouvements de prix) et le MACD reste négatif (indicateur de tendance basé sur des moyennes mobiles), avec un support à la moyenne mobile à 200 jours à 4 352,59 dollars et une résistance à la moyenne mobile à 100 jours à 4 790,55 dollars.Stratégie sur options en cas de nouvelle baisse
Le contexte favorise nettement le dollar américain, ce qui met l’or sous pression. Les tensions au Moyen-Orient renforcent l’attrait du dollar comme valeur refuge (actif recherché en période d’incertitude) au détriment de l’or, limitant le potentiel de hausse du métal. Les opérateurs de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent) peuvent envisager un positionnement baissier, via des options de vente (put, qui gagne en valeur si le prix baisse) pour viser un repli vers la moyenne mobile à 200 jours. La hausse du pétrole, proche de 110 dollars le baril pour le WTI (pétrole de référence américain), alimente directement les craintes d’inflation. Les dernières données CPI d’avril (indice des prix à la consommation) montrent une inflation globale remontée à 3,8%, et l’outil FedWatch affiche désormais 62% de probabilité d’une hausse de taux d’ici septembre. Ce scénario maintient le rendement du Treasury à 10 ans (obligation d’État américaine à 10 ans) au-dessus de 4,75%, ce qui augmente le coût d’opportunité de l’or (manque à gagner car l’or ne verse pas d’intérêt). L’échec de la semaine dernière à dépasser la moyenne mobile à 100 jours autour de 4 790 dollars suggère que les vendeurs gardent la main. Ce niveau fait figure de plafond, ce qui peut servir de prix d’exercice (strike, niveau de prix auquel l’option s’active) pour vendre des options d’achat (call) ou mettre en place des « bear call spreads » (stratégie baissière qui consiste à vendre un call et en acheter un autre à un strike plus élevé pour limiter le risque). Une cassure nette sous la moyenne mobile à 200 jours à 4 352 dollars signalerait une nouvelle phase de baisse et pourrait déclencher des ventes supplémentaires.
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