Sentiment de marché et risque géopolitique
L’incertitude a continué, car aucun calendrier clair n’a été donné pour l’arrêt des attaques qui ont secoué le Moyen-Orient et les marchés mondiaux. L’armée israélienne a signalé une nouvelle vague de frappes sur l’Iran et davantage de missiles lancés vers le Liban, visant des sites liés aux infrastructures du Hezbollah (organisation armée et politique libanaise) dans le sud de Beyrouth. De nouveaux signes de tension pourraient augmenter la demande de dollar américain et limiter la hausse de l’EUR/USD. Plus tard mercredi, les marchés attendent la publication finale de l’indice des prix à la consommation harmonisé (HICP, mesure standardisée de l’inflation en Europe) en Allemagne, ainsi que l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation aux États-Unis) aux États-Unis. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a déclaré que l’incertitude et les variations rapides des marchés (volatilité) étaient plus fortes que prévu, ce qui rend la situation difficile. Elle a indiqué que la banque centrale prendrait les mesures nécessaires pour maîtriser l’inflation (hausse générale des prix). L’euro est utilisé par 20 pays de l’Union européenne et représentait en 2022 31 % des transactions mondiales de change (achats/ventes de devises), avec un volume moyen quotidien au-dessus de 2 200 milliards de dollars. L’EUR/USD représente environ 30 % de toutes les transactions sur le marché des changes, suivi par l’EUR/JPY (4 %), l’EUR/GBP (3 %) et l’EUR/AUD (2 %).Divergence macroéconomique et implications pour le trading
L’an dernier, la paire EUR/USD a évolué au-dessus de 1,1600 lorsque le marché a réagi à une baisse des tensions géopolitiques. Aujourd’hui, la situation a changé, et la paire a du mal à rester au-dessus de 1,0850. Le facteur principal n’est plus l’actualité du conflit au jour le jour, mais l’écart croissant de performance économique. L’économie américaine a montré sa solidité, avec une croissance du PIB (produit intérieur brut, mesure de la production totale de l’économie) au quatrième trimestre 2025 à 2,1 %, et le dernier rapport sur l’emploi de février indiquant une hausse modérée mais régulière. Même si l’inflation américaine a ralenti à 2,9 %, cela donne à la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis) peu de raisons de baisser ses taux (taux d’intérêt directeurs) rapidement. Cette base économique soutient le dollar américain. À l’inverse, la zone euro fait face à une situation plus difficile, ce qui explique la faiblesse de l’euro. Le dernier HICP reste élevé à 2,5 %, ce qui met la pression sur la BCE pour conserver une politique restrictive (politique qui freine l’économie via des taux élevés). Mais cela se produit alors que l’Allemagne, moteur économique du bloc, montre une faiblesse industrielle persistante et que les PMI manufacturiers (indicateurs basés sur des enquêtes auprès des entreprises; sous 50 = activité en recul) restent sous 50, en zone de contraction. Cet écart entre une BCE dure sur les taux (hawkish, c’est-à-dire favorable à des taux élevés pour combattre l’inflation) et une économie faible crée une forte incertitude pour l’euro. Dans ce contexte, une idée consiste à vendre des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour encaisser une prime (le prix payé pour l’option), car la paire peut rester coincée dans une fourchette. Par exemple, vendre un strangle (vendre une option d’achat et une option de vente, toutes deux hors du prix actuel, pour profiter d’un marché qui bouge peu) sur l’EUR/USD pourrait tirer parti d’une évolution latérale. Avec des signaux contradictoires, les traders devraient s’attendre à des mouvements rapides autour des publications majeures. Le CPI américain à venir et les chiffres d’inflation de la zone euro seront essentiels pour le prochain mouvement. Acheter des options de court terme, comme des straddles (acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice pour profiter d’un fort mouvement dans un sens ou dans l’autre) avant ces annonces peut être une manière prudente de jouer une possible sortie de range. Même si le conflit précis de 2025 au Moyen-Orient s’est calmé, la région reste un risque de fond. Il s’agit moins du moteur principal et plus d’un risque extrême (tail risk, risque rare mais potentiellement très violent) pouvant déclencher une fuite vers la sécurité (déplacement rapide vers des actifs jugés sûrs). Ainsi, détenir quelques options d’achat bon marché, hors du prix (out-of-the-money, dont le prix d’exercice est éloigné du niveau actuel), sur l’indice du dollar américain DXY (indice mesurant la valeur du dollar contre un panier de grandes devises) peut servir de couverture (hedge, protection contre un mouvement défavorable) pour un portefeuille.
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