Limites des outils de la BNS
La note explique que la BNS évite de mobiliser de tels montants, car des réserves de change plus élevées augmentent le risque lié aux monnaies étrangères (pertes possibles si le dollar ou l’euro baisse, ou si ces actifs perdent de la valeur). Elle ajoute que la BNS pourrait ne pas vouloir augmenter, dans le contexte actuel, l’exposition de son bilan au dollar (part des actifs détenus en USD, donc dépendance à l’évolution du billet vert). Elle souligne aussi que l’accord commercial avec les États-Unis est fragile et que des interventions importantes pourraient provoquer une réaction négative du président américain. Elle note enfin qu’un conflit commercial plus dur pourrait peser sur l’économie réelle (activité, emploi, investissement), ce qui peut dissuader la BNS d’agir. La Banque nationale suisse (BNS) n’a presque plus d’outils pour affaiblir le franc de façon significative. Cela crée un biais de fond en faveur d’un franc plus fort : toute remontée à court terme de l’USD/CHF (un rebond du dollar contre le franc) a des chances de rester temporaire. Il s’agit d’un problème structurel (lié à des facteurs de long terme), et non conjoncturel (lié au cycle économique). L’inflation suisse au premier trimestre 2026 s’est maintenue autour de 1,5%, nettement sous le niveau durable d’environ 3% aux États-Unis. Cet écart économique attire des capitaux vers le franc, perçu comme une valeur refuge (actif jugé plus sûr en période d’incertitude). Les réserves de change de la BNS, bien qu’en baisse par rapport à leur sommet, restent élevées à environ 850 milliards de CHF, ce qui rend la banque réticente à accroître son bilan (taille totale de ses actifs et passifs) davantage.Implications pour l’USD/CHF
Pour modifier réellement la trajectoire de long terme du franc, la BNS devrait intervenir à une échelle observée avant 2024, probablement de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards. Les interventions limitées observées sur l’année écoulée ne suffisent pas à contrer les pressions fondamentales (forces économiques de fond). Il faut donc les voir comme du bruit de marché (mouvements temporaires) plutôt que comme un changement de tendance du franc. Par ailleurs, les contraintes politiques sont importantes, notamment du fait de la relation commerciale sensible avec les États-Unis. Commerzbank estime que des interventions de grande ampleur pour affaiblir le franc seraient presque certainement qualifiées de manipulation de devise (accusation d’agir pour fausser la valeur d’une monnaie), ce qui mettrait en danger l’accord commercial. Ce risque pour l’économie réelle constitue un frein majeur que la BNS ne peut pas ignorer.
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