Le volume de capex, pas seulement les prix
La hausse des coûts compte, mais le principal moteur est l’explosion des volumes : puces (processeurs spécialisés), électricité, mémoire (composants qui stockent temporairement les données pour calculer vite) et puissance de calcul (capacité des machines à traiter des tâches). Sur quatre ans, les puces, la mémoire et le calcul en grappes (« clustered compute » : plusieurs serveurs travaillant ensemble comme une seule machine) seraient devenus quatre à sept fois plus performants. Google a indiqué traiter 16 milliards de tokens par minute, en hausse de 60% sur un trimestre. Les « tokens » sont des morceaux de texte (mots ou parties de mots) utilisés par les modèles d’IA pour lire et générer du langage. L’entraînement de modèles plus grands (phase où l’IA apprend à partir de grandes quantités de données) devrait tester la capacité des investissements récents à se transformer en systèmes réellement déployables et en revenus. Cette montée en puissance a soutenu les valeurs des semi-conducteurs, tout en augmentant la demande de financement par la dette. Les émissions obligataires « investment grade » (obligations bien notées, considérées comme moins risquées) dépassent nettement celles de l’an dernier, avec davantage d’emprunts à plus longue maturité (remboursement plus éloigné dans le temps). Des capex plus élevés peuvent soutenir le chiffre d’affaires, mais les marchés du crédit doivent absorber un flux continu de nouvelles obligations, ce qui peut peser sur les spreads (écarts de rendement entre une obligation d’entreprise et un emprunt d’État, indicateur du risque perçu). Si les dépenses ralentissent, l’impact pourrait toucher plusieurs actifs risqués, dont le crédit.
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