Perspectives sur le yen et signaux de politique monétaire
Sans changement clair dans la communication officielle, le yen pourrait rester la devise la plus faible du G10 (groupe des grandes économies avancées). Si les tensions sur les marchés de l’énergie repartent à la hausse, le yen pourrait subir une nouvelle pression baissière. Des anticipations de taux plus faibles au Japon signifient que la Banque du Japon a moins de marge pour « surprendre » positivement les investisseurs. Si le blocage du détroit d’Ormuz (passage clé pour le transport du pétrole) prend fin dans les prochains mois, les marchés pourraient revoir à la baisse les attentes de hausse de taux actuellement intégrées pour la BCE (Banque centrale européenne) et la Fed (Réserve fédérale américaine). À l’inverse, les marchés anticipent deux hausses de taux de la Banque du Japon d’ici la fin de l’année. L’article indique que la Banque du Japon pourrait malgré tout procéder à ces deux hausses, même si la situation dans le Golfe s’améliore rapidement. Nous revenons à présent sur le « dernier avertissement » officiel et l’intervention présumée observés à la même période l’an dernier, en avril 2025. À l’époque, on doutait de la capacité du yen à rester fort, car les marchés ne faisaient pas confiance à la Banque du Japon pour agir avec vigueur. Le point central était le scepticisme quant à la volonté de la BoJ de combattre l’inflation autant que d’autres banques centrales (institutions qui fixent les taux directeurs).Positionnement sur les dérivés et volatilité
Ce scepticisme s’est révélé être un signal de marché puissant pour ceux qui ont examiné de près les anticipations. Alors que la Réserve fédérale américaine a depuis abaissé son taux directeur (son principal taux d’intérêt) à 5,0% à mesure que l’inflation se calmait après son pic de 2025, la BoJ a tenu ses engagements, prudents. La levée du blocage du détroit d’Ormuz fin 2025 a permis une baisse des prix de l’énergie, réduisant la pression haussière sur l’inflation mondiale. Comme attendu, la BoJ a bien réalisé les deux hausses de taux anticipées, portant son taux directeur à 0,6% fin 2025, niveau auquel il se maintient aujourd’hui. Cette cohérence, combinée à l’orientation plus souple de la Fed (une politique dite « accommodante », c’est‑à‑dire moins favorable à des taux élevés), a contribué à faire reculer le taux de change dollar/yen depuis des sommets au‑delà de 162 jusqu’à la zone de 145 observée plus tôt cette année. Cela a confirmé que les faibles attentes du marché envers la BoJ étaient plus faciles à satisfaire que des attentes très élevées envers la Fed (scénario dit « restrictif », c’est‑à‑dire favorable à des taux élevés pour freiner l’inflation). Actuellement, avec l’indice de volatilité du CBOE (VIX, indicateur de la nervosité des marchés actions américains) proche d’un point bas à 13, la complaisance semble revenir sur les marchés. Cela exerce une pression baissière modérée sur le yen, car les investisseurs sont de nouveau attirés par l’écart de taux d’intérêt entre le Japon et les autres pays du G10. Le dollar/yen est ainsi remonté vers 149 ces dernières semaines. Cet environnement suggère que les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un autre actif, comme une devise) pourraient envisager des positions profitant d’une nouvelle surprise de la BoJ. Avec une volatilité implicite faible (volatilité attendue, intégrée dans le prix des options), acheter des options d’achat sur le JPY (droit d’acheter du yen à un prix fixé) ou des options de vente sur USD/JPY (droit de vendre la paire dollar/yen à un prix fixé) avec des échéances de trois à six mois pourrait être une manière peu coûteuse de se positionner sur un changement. Le marché sous‑estime à nouveau la capacité de la BoJ à agir, créant une opportunité comparable à celle observée en 2025.
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