Demande de valeurs refuge
La demande pour les actifs dits « valeurs refuge » (placements jugés plus sûrs en période de stress, comme le dollar américain) a augmenté, soutenant le billet vert. L’indice du dollar (DXY, un indicateur qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) progressait de 0,6% autour de 100,15. Le dollar canadien dépend notamment des taux d’intérêt de la Banque du Canada, des prix du pétrole, de la croissance, de l’inflation et de la balance commerciale (écart entre exportations et importations). L’appétit pour le risque des marchés et la vigueur de l’économie américaine, premier partenaire commercial du Canada, pèsent aussi sur la devise. La Banque du Canada vise une inflation entre 1% et 3% en ajustant ses taux. Elle peut aussi agir via des achats d’actifs (souvent appelés « assouplissement quantitatif », c’est-à-dire des achats d’obligations pour soutenir l’économie) ou l’inverse, une réduction de ces achats et du bilan (souvent appelé « resserrement quantitatif »). Le pétrole étant la première exportation du Canada, des prix plus élevés peuvent soutenir la devise et améliorer la balance commerciale. L’expérience de précédentes tensions géopolitiques montre qu’une flambée du pétrole est généralement favorable au dollar canadien. Mais, dans le même temps, le dollar américain peut aussi se renforcer grâce à son statut de valeur refuge en période de crise. Résultat: le CAD monte souvent face à de nombreuses devises, tout en ayant plus de difficulté face à l’USD.Implications pour le trading
Le pétrole WTI se maintient nettement au-dessus de 85 $ le baril, soutenu par la prolongation des réductions de production par l’OPEP+ (alliance entre les membres de l’OPEP et d’autres producteurs, dont la Russie) et par les risques géopolitiques. Ces prix élevés de l’énergie constituent un soutien de fond pour le « loonie » (surnom du dollar canadien), d’autant que les données de Statistique Canada confirment que les produits énergétiques représentent encore plus de 20% des exportations totales du pays. Dans ce contexte, le CAD pourrait surperformer les devises de pays fortement importateurs de pétrole. Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, comme une devise), cela peut conduire à envisager des positions acheteuses sur le CAD face à l’euro ou au yen dans les prochaines semaines. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon signalent des orientations plus accommodantes (« dovish », c’est-à-dire plus favorables à des taux bas) que la Banque du Canada, ce qui crée un écart de taux (différence de rémunération entre deux devises) potentiellement favorable au CAD. Le dollar américain reste toutefois le principal point de difficulté. Le DXY se maintient près de 104, car les dernières données d’inflation ont repoussé les anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale. Cette fermeté du dollar limite le recul de l’USD/CAD (le taux de change entre le dollar américain et le dollar canadien), même avec un pétrole élevé. Ainsi, acheter du CAD peut sembler cohérent, mais le choix de la paire est déterminant. La hausse du pétrole pousse le CAD à la hausse, tandis qu’un dollar américain fort agit en sens inverse: l’USD/CAD pourrait donc évoluer dans une fourchette. Dans ce cadre, des options sur la volatilité (produits qui permettent de miser sur des variations de prix, sans parier uniquement sur la direction) peuvent être plus adaptées qu’un pari directionnel simple, surtout si la Banque du Canada est attendue en baisse de taux avant la Fed cette année.
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