Arbitrages de politique monétaire de la Fed
Powell a expliqué que les événements au Moyen-Orient influencent les prix de l’essence. Il a précisé que la Fed a tendance à « regarder au-delà » des chocs d’offre (hausses de prix causées par des perturbations de production ou d’approvisionnement), mais qu’elle doit surveiller les anticipations d’inflation (ce que ménages et entreprises s’attendent à voir en matière d’inflation), qui semblent bien ancrées (stables). Il a indiqué que les recherches concluent généralement que l’achat d’actifs à long terme (notamment des obligations de long terme achetées par la banque centrale) fait baisser les taux et soutient l’économie. Il a ajouté que les effets négatifs d’un bilan très élevé (la taille des actifs détenus par la Fed) annoncés par certains ne se sont pas matérialisés. Powell a déclaré que la Fed doit être totalement indépendante et non politique, tandis que la régulation a changé depuis Dodd-Frank (la grande loi américaine de réforme financière adoptée après la crise de 2008). Il a ajouté que c’est une période de très faibles créations d’emplois et qu’un phénomène plus durable pourrait être à l’œuvre, en dehors du cycle économique habituel (alternance expansion/récession). Il a aussi affirmé que l’IA (intelligence artificielle) améliore la productivité (produire plus avec la même quantité de travail) et s’est dit optimiste pour le moyen et le long terme. Il a enfin reconnu qu’il s’agit d’une période difficile pour entrer sur le marché du travail.Implications de marché et positionnement
Nous constatons que la politique de la Fed est dans une « bonne position pour attendre », comme attendu en 2025. Avec un taux des fonds fédéraux (taux directeur au jour le jour aux États-Unis) maintenu à 5,25% lors des trois dernières réunions, les opérateurs devraient s’attendre à des marchés évoluant dans une fourchette étroite à court terme (hausses et baisses limitées). L’outil CME FedWatch (indicateur de marché qui estime les probabilités de hausse/baisse de taux à partir des prix des contrats à terme) intègre désormais une probabilité de 65% d’une baisse de taux d’ici la réunion de juillet 2026, ce qui suggère qu’un changement d’orientation de la politique monétaire est de plus en plus anticipé. L’engagement à ramener l’inflation à 2% reste la ligne officielle de la Fed, ce qui justifie des taux élevés. Toutefois, les dernières données de février 2026 sur l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) montrent un ralentissement à 2,8%, renforçant la pression en faveur d’une baisse des taux. L’enquête de l’Université du Michigan sur les anticipations d’inflation reste proche de 2,9% à horizon cinq ans, ce qui donne à la Fed une marge pour assouplir sa politique sans inquiéter les marchés. Les avertissements de 2025 sur la difficulté du marché du travail se confirment. Le rapport sur l’emploi de février 2026 a montré un gain limité de 95.000 emplois non agricoles (« non-farm payrolls », mesure clé de l’emploi aux États-Unis hors secteur agricole), nettement inférieur à la moyenne mensuelle de 180.000 observée une bonne partie de 2025. Cette faiblesse alimente des anticipations plus accommodantes (attente de baisses de taux) et soutient des stratégies qui profitent de taux en baisse, comme l’achat de contrats à terme sur le SOFR (taux de financement au jour le jour garanti, référence des marchés monétaires en dollars; les contrats à terme permettent de se positionner sur l’évolution des taux futurs). Il faut aussi garder à l’esprit la tendance de la Fed à « regarder au-delà » des chocs d’offre. La semaine dernière, les tensions dans le détroit d’Ormuz ont fait bondir le pétrole WTI (référence du pétrole américain) de 8% à plus de 82 dollars le baril, alimentant l’incertitude. Dans ce contexte, acheter de la volatilité (se couvrir contre de fortes variations de prix) via des options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé) sur des ETF énergie comme le XLE (fonds coté en Bourse répliquant un panier d’actions du secteur de l’énergie) peut constituer une couverture contre de nouvelles tensions géopolitiques. L’idée selon laquelle le bilan élevé de la Fed n’a pas entraîné de risques majeurs reste d’actualité. Le bilan dépasse encore 6.800 milliards de dollars et sa réduction progressive n’a pas provoqué les perturbations redoutées. Cela limite le risque extrême (« tail risk », risque rare mais très coûteux) d’un resserrement brutal de la liquidité (manque soudain de financement sur les marchés) et peut rassurer les investisseurs conservant des positions haussières de long terme via des produits dérivés sur indices actions (contrats financiers dont la valeur dépend d’un indice boursier, comme des options ou des contrats à terme).
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