L’inflation, principal risque
Schmid a cité une demande intérieure solide, des gains de productivité (produire davantage avec les mêmes ressources) et un chômage relativement faible comme des facteurs favorables (« vents porteurs ») pour l’économie américaine. Il a ajouté que la résistance de l’économie américaine ne doit pas être sous-estimée. Il a souligné que la Fed ne peut pas partir du principe que l’inflation liée à la hausse des prix du pétrole sera transitoire (temporaire). Il anticipe un frein modéré sur la croissance si les prix du pétrole restent élevés. Il a précisé que la hausse des prix de l’énergie augmentera l’inflation, y compris l’inflation sous-jacente (« core », c’est-à-dire l’inflation hors énergie et alimentation, plus suivie car moins volatile). Le risque principal est désormais une inflation qui resterait proche de 3 %, ce qui interdit tout relâchement. La dernière publication de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation) de mars, à 3,4 % sur un an, renforce cette inquiétude: les tensions sur les prix ne se dissipent pas aussi vite qu’espéré. Cela suggère que la banque centrale doit mettre en œuvre des mesures qui confirment des anticipations d’inflation stables.Les marchés réévaluent les baisses de taux
Il faut revoir les paris sur des baisses de taux rapides: le scénario « des taux plus élevés plus longtemps » se renforce. Les marchés, qui anticipaient avec assurance plusieurs baisses de taux cette année, reviennent rapidement en arrière. Les options sur les contrats à terme SOFR (taux de référence des prêts garantis au jour le jour, utilisé sur les marchés américains) montrent une demande accrue pour des positions gagnantes si la Fed maintient ses taux inchangés pendant l’été. La solidité de l’économie américaine reste marquée, portée par une consommation robuste et un faible chômage. Le dernier rapport sur l’emploi a fait état d’une hausse de 250.000 emplois, avec un taux de chômage stable à 3,7 %. Cette vigueur donne à la Fed une marge de manœuvre pour se concentrer sur l’inflation sans craindre une récession immédiate. Il n’est pas possible de considérer comme provisoire l’inflation provoquée par la hausse du pétrole. Le brut WTI (West Texas Intermediate, référence du pétrole américain) s’échange désormais au-dessus de 92 dollars le baril, en hausse de 15 % en six semaines. Ces prix de l’énergie plus élevés risquent d’alimenter l’inflation sous-jacente. L’impact sur la croissance serait modéré, mais l’effet sur l’inflation totale (« headline », inflation incluant toutes les composantes) serait plus direct. Cette incertitude sur la politique de la Fed favorise une hausse de la volatilité des marchés dans les prochaines semaines. L’indice VIX (indice de volatilité du S&P 500, souvent vu comme un baromètre de la nervosité) est remonté vers 16, signe d’une inquiétude croissante quant à la prochaine décision de la Fed. Une orientation plus restrictive (« hawkish », favorable à des taux plus élevés pour combattre l’inflation) implique aussi un dollar plus fort, ce qui rend les positions acheteuses sur l’indice DXY (indice du dollar face à un panier de grandes devises) plus recherchées.
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