La tendance de l’inflation en zone euro se renforce
Ce chiffre italien, plus faible que prévu, conforte notre analyse : les pressions sur les prix (la hausse générale des prix) en zone euro se calment plus vite qu’anticipé. Avec un IPC de l’ensemble de la zone euro à 2,4 % en avril, la statistique italienne suggère que la baisse de l’inflation garde de l’élan. Cela devrait accentuer la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) pour adopter un ton plus accommodant (plus favorable à une baisse des taux) lors de ses prochaines réunions. Nous devons ajuster nos positions sur les contrats à terme (futures) de taux d’intérêt à court terme, afin d’intégrer une probabilité plus élevée de baisse des taux de la BCE cet été. Jusqu’ici, le marché hésitait à anticiper des baisses avant le quatrième trimestre 2025. Cette donnée pourrait avancer ces attentes, rendant plus attrayantes les positions acheteuses (positions longues) sur des contrats comme les futures EURIBOR (taux interbancaire de référence en euros) à trois mois, échéances septembre et décembre. Pour les opérateurs sur obligations d’État, c’est un signal en faveur de la dette périphérique (pays comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal, considérés plus risqués que l’Allemagne). La donnée devrait réduire l’écart de rendement (spread, différence de taux) entre les BTP italiens (obligations d’État italiennes) et les Bunds allemands (obligations d’État allemandes, référence « sans risque » de la zone euro). On peut traduire cette vue en achetant des contrats à terme sur BTP, car une inflation plus basse réduit la prime de risque (surcoût exigé par les investisseurs) liée au crédit. Côté actions, la perspective de baisses de taux plus rapides soutient le marché. Nous voyons une opportunité de vendre des options de vente (puts, instruments qui gagnent si l’indice baisse) très en dessous du niveau actuel (out-of-the-money) sur l’indice Euro Stoxx 50. Cette stratégie permet d’encaisser une prime (le prix payé par l’acheteur de l’option), en pariant qu’une BCE plus accommodante mettra un plancher (un niveau de soutien) sous le marché dans les prochaines semaines. Ce rapport peut aussi creuser l’écart avec les États-Unis, où les dernières statistiques d’emploi montrent un marché du travail solide, avec 195 000 créations d’emplois en avril. Cet écart de politique monétaire entre les deux côtés de l’Atlantique pourrait peser sur l’euro. Il faut envisager des stratégies profitant d’une baisse possible de l’EUR/USD, comme l’achat de puts ou la mise en place de spreads de puts (combinaison de deux options de vente pour encadrer le risque et le gain).Conséquences pour la trajectoire des taux de la BCE
La situation actuelle marque un changement important par rapport à 2025, quand l’inflation sous-jacente (inflation hors énergie et alimentation, plus stable) résistait et poussait la BCE à maintenir ses taux. On se souvient du ton restrictif (« hawkish », orienté vers des taux élevés) après le cycle de hausses de taux achevé en 2024. La succession de chiffres d’inflation plus faibles confirme que cette politique restrictive produit l’effet recherché.
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