Perspectives sur les taux et positionnement de marché
Ils prévoient 50 points de base de baisses de taux en 2026, puis 25 points de base supplémentaires en mars 2027. (Un point de base correspond à 0,01 point de pourcentage; 50 points de base équivalent donc à 0,50 point.) Ils présentent aussi un scénario alternatif: 50 points de base de baisses en septembre et en décembre, puis 25 points de base supplémentaires en mars 2027, pour aboutir à un taux des fonds fédéraux de 3,00%. Ils estiment qu’un retour à une politique plus accommodante en septembre dépend d’une normalisation de l’inflation et de retombées économiques limitées liées à l’Iran. Ils ajoutent que les prochaines déclarations publiques du président de la Fed de New York, John Williams, seront suivies de près pour d’éventuels commentaires sur des changements de formulation du communiqué. La Fed devrait rester en pause au moins jusqu’en septembre, le temps d’évaluer le conflit en cours avec l’Iran. Cela intervient alors que les derniers chiffres d’avril de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure de l’inflation payée par les ménages) font apparaître une inflation « en glissement annuel » de 3,8% (taux sur un an), plus résistante que prévu. Les investisseurs devraient donc réévaluer les positions qui parient sur des baisses de taux dès cet été. La prudence s’explique surtout par la pression persistante sur les marchés de l’énergie, qui maintient le prix du pétrole brut au-dessus de 105 dollars le baril depuis le choc initial de mars 2026. Cela alimente directement l’inflation, compliquant la tâche de la Fed.Conséquences de marché: volatilité et courbe des taux
Dans ce contexte, les anticipations intégrées dans le prix des options sur les contrats à terme SOFR (Secured Overnight Financing Rate, taux au jour le jour garanti par des opérations sur titres; un taux de référence du marché monétaire américain) pour les mois d’été pourraient être trop optimistes sur des baisses de taux. Se positionner sur un scénario de « taux plus élevés plus longtemps » pourrait passer par la vente de contrats à terme arrivant à échéance au troisième trimestre 2026, en pariant que le marché devra renoncer à des attentes trop précoces de baisse des taux. Les désaccords marqués au sein du FOMC, mis en évidence par trois votes divergents lors de la réunion d’avril 2026, ajoutent de l’incertitude. Cela suggère une hausse possible de la volatilité implicite (volatilité déduite des prix des options, reflet de l’incertitude attendue) sur le marché des taux avant les prochaines réunions. Acheter de la volatilité via des instruments comme des « straddles » (stratégie d’options consistant à acheter simultanément une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice, pour profiter d’un mouvement important dans un sens ou dans l’autre) sur des contrats à terme sur Treasuries (obligations d’État américaines) peut être une manière de se positionner face au risque d’un communiqué inattendu. Une Fed patiente conduit souvent à une courbe des taux plus plate (écart réduit entre les rendements à court et à long terme), car les taux courts restent bloqués tandis que des inquiétudes sur la croissance à long terme peuvent apparaître. Il peut y avoir une opportunité sur des stratégies d’aplatissement de la courbe, qui profitent si l’écart entre les rendements à 2 ans et à 10 ans se réduit encore. Les opérateurs surveilleront toute communication jugée restrictive de la Fed (« hawkish », signalant une priorité à la lutte contre l’inflation et donc des taux plus hauts), en particulier de John Williams, comme possible déclencheur.
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