Géopolitique pétrolière et demande de dollar
Le rapport américain sur l’emploi (Nonfarm Payrolls, statistique mensuelle des créations d’emplois hors agriculture) publié vendredi a montré 178 000 emplois créés en mars, après une perte nette révisée de 133 000 le mois précédent. Le taux de chômage a reculé à 4,3% et, avec les craintes d’inflation liées au pétrole (inflation : hausse générale des prix), cela a réduit les attentes d’une baisse de taux rapide de la Fed et maintenu les rendements des emprunts d’État américains élevés (rendements des Treasuries : taux d’intérêt offerts par les obligations du Trésor américain). Les craintes de rupture d’approvisionnement ont poussé le pétrole brut vers un plus haut de près de quatre semaines, soutenant le dollar canadien et limitant la hausse de l’USD/CAD. Les opérateurs surveillaient un passage durable au-dessus de 1,3900 et du plus haut depuis le début de l’année, après une hausse d’environ un mois depuis 1,3525. En regardant cette période en 2025, le marché était concentré sur un dollar américain fort, porté par le risque géopolitique et par les anticipations de hausses de taux de la Fed. L’idée dominante était que la hausse du pétrole empêchait l’USD/CAD de franchir nettement 1,3900. Cela alimentait une opposition entre les acteurs des devises et ceux des matières premières. La situation a beaucoup changé en avril 2026. L’attention s’est déplacée des hausses de taux vers des baisses de taux attendues de la Fed. L’outil CME FedWatch (indicateur basé sur les contrats à terme sur taux, qui mesure les probabilités implicites de décisions de la Fed) intègre désormais une probabilité de 70% d’une baisse d’ici juillet. L’inflation s’est nettement calmée, le dernier CPI (indice des prix à la consommation, principale mesure de l’inflation) affichant une hausse annuelle de seulement 2,4%, ce qui laisse davantage de marge à la Fed pour assouplir sa politique (assouplir : baisser les taux).Trajectoires divergentes des banques centrales
De son côté, la Banque du Canada (BoC, banque centrale du Canada) paraît encore plus accommodante, en raison d’un ralentissement marqué de l’économie. Les dernières données de Statistique Canada montrent un taux de chômage remonté à 6,2% et une croissance du PIB (produit intérieur brut, mesure de la production économique) limitée à 0,5% en rythme annualisé au dernier trimestre. Cet écart de politique monétaire, où la BoC devrait baisser ses taux plus tôt et plus fortement que la Fed, pèse sur le dollar canadien. Le soutien apporté au « loonie » (surnom du dollar canadien) par le pétrole en 2025 s’est aussi affaibli. Les prix du WTI (West Texas Intermediate, référence du pétrole aux États‑Unis) ont reculé par rapport à leurs sommets de 2025 et évoluent autour de 78 dollars le baril, tandis que les rapports de l’EIA (Energy Information Administration, agence statistique américaine de l’énergie) font état de stocks mondiaux en hausse (stocks : quantités stockées) dans un contexte de demande asiatique moins dynamique. Cela retire un soutien important qui limitait auparavant la hausse de l’USD/CAD. Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, ici le taux de change), cet environnement rend les positions acheteuses sur l’USD/CAD attrayantes, malgré un billet vert plus faible face à d’autres devises. Il est possible d’envisager l’achat d’options d’achat (« call », contrat donnant le droit d’acheter à un prix fixé) avec des prix d’exercice (strike : prix auquel l’option permet d’acheter) au-dessus de 1,4000, en visant le second semestre, période où l’écart de baisse de taux entre les deux banques centrales pourrait être maximal. Cette approche permet de profiter d’un potentiel de hausse tout en limitant clairement le risque (le risque est en général borné à la prime payée pour l’option).
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