Les données américaines soutiennent la demande de dollar
Les indicateurs américains suggèrent aussi une dynamique solide. Les indices PMI de S&P Global (PMI: enquêtes auprès des entreprises, au-dessus de 50 = expansion) ont montré une expansion plus forte que prévu dans l’industrie manufacturière et les services, malgré une légère hausse des inscriptions hebdomadaires au chômage (demandes initiales d’allocations). Le yen japonais reste sous pression, le Japon dépendant fortement des importations d’énergie. Les anticipations de resserrement de la Banque du Japon (BoJ, banque centrale du Japon) ont été repoussées: le marché s’attend en grande partie à un statu quo lors de la prochaine réunion et, au mieux, à une hausse de taux plus tard dans l’année. La hausse des coûts de l’énergie alimente les inquiétudes sur l’inflation importée au Japon (inflation due au renchérissement des produits achetés à l’étranger, souvent via la facture énergétique). L’inflation intérieure japonaise demeure relativement modérée par rapport aux tendances mondiales, ce qui peut limiter le rythme d’un durcissement de la politique monétaire. Les autorités ont aussi indiqué qu’elles surveillaient de près les mouvements du yen. Cela incite à la prudence autour du niveau de 160, car le risque d’intervention (achat/vente de devises par l’État pour influencer le taux de change) peut freiner une accélération au-delà.Divergence des politiques et implications de marché
Le scénario de fond reste inchangé: l’écart entre une Fed restrictive (hawkish: qui privilégie des taux élevés pour combattre l’inflation) et une BoJ accommodante (dovish: qui privilégie des taux bas pour soutenir l’économie) continue de se creuser. Les prix de marché, via l’outil CME FedWatch (indicateur basé sur les contrats à terme sur taux, qui reflète les probabilités implicites de décisions de la Fed), indiquent désormais une probabilité supérieure à 85% d’un maintien des taux de la Fed jusqu’au troisième trimestre. Cet écart de taux (différentiel de rendement entre deux devises) incite à privilégier le dollar contre le yen. Les dernières statistiques donnent à la Fed la possibilité de maintenir sa position: le PMI des services S&P Global de mars ressort à 54,8, signalant une expansion nette. Cette solidité intervient alors que les tensions dans le détroit d’Ormuz ont ramené les contrats à terme sur le Brent (prix du pétrole de référence, négocié pour livraison future) au-delà de 115 dollars le baril, ce qui alimente les craintes d’inflation et pousse la Fed à rester vigilante. Une économie robuste et une inflation persistante soutiennent le dollar. À l’inverse, la dépendance du Japon aux importations d’énergie le rend particulièrement sensible à un pétrole cher, alors que la BoJ dispose de peu de marge de manœuvre. Avec une inflation sous-jacente (core: inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentaire) à 2,2%, la pression interne n’est pas suffisante pour imposer rapidement une hausse marquée des taux. Le yen reste donc vulnérable face à un dollar mieux rémunéré (high-yielding: offrant un rendement plus élevé via des taux d’intérêt supérieurs). Pour les marchés de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif sous-jacent, comme une paire de devises), cela favorise des stratégies visant une hausse graduelle de l’USD/JPY, par exemple l’achat d’options d’achat (call: droit, et non obligation, d’acheter à un prix fixé) avec un prix d’exercice autour de 161,00. Toutefois, le risque d’un retournement brutal lié à une intervention officielle est très élevé à proximité de 160,00. Dans ce contexte, structurer la position en spread haussier de calls (bull call spread: acheter un call et vendre un call plus haut pour limiter gain et perte) est une manière prudente de gérer une volatilité potentiellement explosive (volatilité: ampleur des variations de prix). Il faut garder en mémoire les replis rapides du printemps 2024, lorsque les autorités japonaises auraient dépensé environ 9.800 milliards de yens pour défendre la monnaie après le premier franchissement de 160. L’historique montre que ces interventions peuvent provoquer une baisse de 3 à 5 yens en quelques heures, ce qui peut effacer des positions avec effet de levier (levier: emprunt/marge qui amplifie gains et pertes). Ce précédent rend une position acheteuse directe au-delà de 160 particulièrement risquée et nécessite un contrôle du risque plus strict.
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