L’USD/CAD a progressé pour une troisième journée vendredi, se négociant près de 1,3728 et atteignant son plus haut niveau depuis plus d’une semaine. Ce mouvement a suivi une faiblesse générale du dollar canadien après des chiffres de l’emploi au Canada inférieurs aux attentes, tandis que la demande pour le dollar américain augmentait dans le contexte de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Statistique Canada a indiqué que la variation nette de l’emploi a baissé de 83,9 K (soit 83 900 emplois) en février, contre une attente de +10 K, après une baisse de 24,8 K en janvier. Le taux de chômage a augmenté à 6,7% contre 6,5%, au-dessus de la prévision de 6,6%.
Choc sur l’emploi au Canada
Ces données suggèrent un marché du travail moins dynamique (c’est-à-dire moins d’embauches et plus de chômage) et peuvent influencer les attentes concernant la politique de la Banque du Canada (BoC, la banque centrale du pays qui fixe notamment le taux directeur). Pourtant, les marchés (les investisseurs) anticipent surtout des taux stables jusqu’en 2026. La BoC se réunit la semaine prochaine et devrait largement laisser les taux inchangés, après avoir indiqué en janvier que la politique vise à maintenir l’inflation (la hausse générale des prix) près de l’objectif de 2% et que le taux actuel « reste approprié ».
Les prix du pétrole peuvent apporter un certain soutien au dollar canadien, car le Canada exporte plus de pétrole brut qu’il n’en importe, même si des prix de l’énergie plus élevés peuvent aussi accroître la pression sur l’inflation. Aux États-Unis, les marchés ont peu réagi aux données récentes, l’attention étant concentrée sur les tensions au Moyen-Orient.
L’indice du dollar américain (US Dollar Index, un indicateur qui mesure la force du dollar face à un panier de grandes monnaies) évoluait près de 100,30, son plus haut niveau depuis novembre 2025. Les attentes de baisses de taux de la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale américaine) sont passées de plus de 50 points de base à environ 20 points de base d’ici décembre, selon les données de swaps Bloomberg (des contrats financiers utilisés pour estimer les futurs taux d’intérêt). Un point de base correspond à 0,01% (donc 50 points de base = 0,50%).
Étant donné la forte détérioration des chiffres de l’emploi au Canada, il faut s’attendre à une nouvelle faiblesse du dollar canadien dans les prochaines semaines. La perte inattendue de 83 900 emplois en février renforce l’idée d’une Banque du Canada plus accommodante (dite « dovish », c’est-à-dire plus encline à baisser les taux ou à les maintenir bas), ce qui creuserait l’écart de politique monétaire avec les États-Unis. Cela se voit sur le marché obligataire (le marché des titres de dette), où le rendement (le taux d’intérêt) des bons du Trésor américain à 2 ans se traite avec une prime de 75 points de base par rapport à l’équivalent canadien, l’écart le plus large depuis le troisième trimestre 2025.
Options et volatilité
Les traders peuvent envisager d’acheter des options d’achat (call options : contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter à un prix fixé) sur l’USD/CAD pour se positionner sur une hausse, surtout avant la réunion de la Banque du Canada la semaine prochaine. Cette stratégie permet de profiter d’une hausse potentielle tout en limitant le risque de baisse à la prime (le coût payé pour l’option). On peut viser des prix d’exercice (strike : le prix fixé dans le contrat) autour de 1,3850, un niveau qui n’a pas été testé depuis la fin de l’an dernier.
Même si des prix du pétrole élevés devraient en théorie soutenir le « Loonie » (surnom du dollar canadien), cet effet est dominé par la recherche de sécurité (flight to safety : les investisseurs se réfugient vers des actifs jugés plus sûrs) en faveur du dollar américain. Avec le pétrole WTI (West Texas Intermediate, un type de pétrole servant de référence) au-dessus de 95 $ le baril depuis un mois à cause de la guerre États-Unis–Iran, la prime de risque géopolitique (surcoût de prix lié aux risques internationaux) soutient davantage le dollar américain (le « Greenback », surnom du dollar) que le CAD lié aux matières premières.
La force du dollar américain est aussi soutenue par un changement important des attentes sur la politique de la Fed. Il y a quelques mois, fin 2025, les marchés anticipaient plusieurs baisses de taux, mais des risques persistants d’inflation, alimentés par le conflit, ont réduit cela à environ 20 points de base d’assouplissement (baisse des taux) intégrés dans les prix pour toute l’année. Cette réévaluation plus restrictive (dite « hawkish », c’est-à-dire orientée vers des taux plus élevés) maintient les taux américains plus hauts plus longtemps, ce qui attire des entrées de capitaux (des investisseurs qui placent leur argent aux États-Unis).
Ces mauvais chiffres de l’emploi ne sont pas un cas isolé, mais confirment une tendance au ralentissement observée vers la fin de l’an dernier. La croissance du PIB canadien (produit intérieur brut, la mesure de la production économique) au dernier trimestre 2025 a ralenti à seulement 0,5% en rythme annualisé (c’est-à-dire converti comme si ce rythme durait un an). Cette baisse de la croissance suggère une économie canadienne plus fragile que prévu, ce qui justifie une vision négative sur sa monnaie.
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