Les ETF adossés à de l’or physique (des fonds cotés en Bourse qui détiennent de l’or réel en coffres) ont enregistré des entrées de 6,6 milliards de dollars en avril, selon le World Gold Council. Ce mouvement fait suite aux ventes de mars, alors que les cours de l’or se sont stabilisés après un fort repli.
Le Royaume-Uni a attiré plus de 2,1 milliards de dollars, devant les États-Unis (845 millions) et Hong Kong (732 millions). L’Europe a totalisé 3,7 milliards de dollars en avril, faisant passer son cumul depuis le début de l’année (year-to-date, c’est-à-dire depuis le 1er janvier) de négatif à positif.
Fourchette de prix de l’or et principaux moteurs
Depuis fin mars, l’or évolue dans une fourchette de 4 400 à 4 900 dollars. Les prix sont soutenus par le risque géopolitique (incertitudes liées aux conflits et aux relations internationales), tandis que les anticipations de taux d’intérêt plus élevés limitent une nouvelle hausse.
L’or est utilisé en joaillerie et sert souvent de réserve de valeur (actif censé conserver son pouvoir d’achat) et de protection contre l’inflation (hausse générale des prix) et contre l’affaiblissement des devises. Il ne dépend pas d’un émetteur unique ni d’un gouvernement.
Les banques centrales détiennent d’importantes réserves d’or et les utilisent pour diversifier leurs réserves (répartir les avoirs entre plusieurs actifs pour réduire le risque). Elles ont ajouté 1 136 tonnes, pour environ 70 milliards de dollars, en 2022 — un record annuel.
L’or évolue souvent à l’inverse du dollar américain, des bons du Trésor américain (obligations de l’État américain) et des actifs risqués (comme les actions). Il peut aussi réagir aux tensions géopolitiques, aux craintes de récession (baisse durable de l’activité) et aux variations des taux d’intérêt.
Perspectives mai 2026 et points à surveiller
Au 8 mai 2026, l’or teste une résistance (niveau de prix où la hausse bute souvent sur des ventes) près de 5 150 dollars l’once (une once troy = environ 31,1 g). Cela intervient après une consolidation (phase de prix relativement stable), mais le moteur semble passer de la peur géopolitique à l’évolution de la politique des banques centrales (leurs décisions sur les taux et la liquidité).
Le principal frein se réduit avec des signes de ralentissement économique, ce qui pourrait pousser les banques centrales à pivoter (changer de cap, par exemple en arrêtant les hausses de taux puis en baissant les taux). Aux États-Unis, l’inflation CPI d’avril (indice des prix à la consommation) a ralenti à 3,1 %, conduisant la Réserve fédérale (banque centrale américaine) à maintenir ses taux inchangés la semaine dernière, avec un ton plus accommodant (dovish : moins favorable à des taux élevés). C’est un changement par rapport à l’an dernier, quand l’anticipation rapide de hausses de taux plafonnait les gains du métal précieux.
Malgré ce cadre macroéconomique (contexte économique général) plus porteur, la demande via les ETF reste prudente, contrairement au bond observé un an plus tôt. Le World Gold Council a signalé une sortie nette de 1,2 milliard de dollars des ETF or mondiaux en avril 2026, ce qui suggère que les grands investisseurs ne sont pas encore convaincus par une nouvelle phase de hausse durable. Cela contraste avec les 6,6 milliards d’entrées d’avril 2025, largement liés aux risques entourant le conflit avec l’Iran.
Pour les opérateurs sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif comme l’or), cet environnement peut orienter vers des stratégies visant une hausse tout en limitant le risque. Acheter des options d’achat (calls : droit d’acheter à un prix fixé) avec un prix d’exercice (strike : prix fixé dans le contrat) au-dessus de 5 200 dollars peut offrir une exposition amplifiée (effet de levier : potentiel de gain plus élevé mais risque accru) à une cassure, avec une perte maximale connue (la prime payée). Autre approche : vendre des options de vente garanties par liquidités (cash-secured puts : engagement d’acheter l’actif si le prix baisse, avec le cash déjà disponible) sous 5 000 dollars pour encaisser une prime (revenu de l’option), si l’on estime que la politique des banques centrales créera un plancher solide pour les prix.
L’affaiblissement du dollar américain apporte un soutien important : l’indice du dollar (DXY, mesure de la valeur du dollar face à un panier de devises) est récemment tombé vers 103,5. Ce facteur était largement absent lors des phases de dollar fort l’an dernier. Une poursuite de la baisse du dollar pourrait tirer l’or vers le haut, en ligne avec sa relation inverse traditionnelle.
Le soutien de long terme reste en place grâce aux achats réguliers des banques centrales, qui absorbent l’offre physique (l’or réellement disponible sur le marché). Même si les foyers de tension ont changé depuis 2025, les tensions mondiales persistent, ce qui maintient l’attrait de l’or comme valeur refuge (actif privilégié en période d’incertitude). Cela donne un socle fondamental aux prix, même si l’intérêt spéculatif (positions de court terme cherchant un gain rapide) varie.
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