Réaction du marché et positionnement
Après ces informations, les prix du pétrole ont reculé et les rendements des bons du Trésor américain (taux d’intérêt des obligations d’État) ont baissé. Cela a réduit la crainte d’une inflation alimentée par l’énergie (hausse des prix due au pétrole) et la pression sur la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine) pour durcir sa politique monétaire (remonter les taux). Les opérateurs sont revenus vers l’idée de baisses de taux de la Fed d’ici la fin d’année. La hausse de l’EUR/USD est restée limitée par l’incertitude, après l’avertissement de Donald Trump selon lequel une action militaire pourrait reprendre si l’Iran n’accepte pas l’accord. L’agence iranienne ISNA a indiqué que certaines parties de l’article relevaient de la « spéculation » et a qualifié les demandes américaines d’« ambitieuses et irréalistes ». Le dollar s’est ensuite stabilisé, avec l’indice DXY (indice du dollar face à un panier de devises) autour de 97,98 après un plus bas en séance à 97,62. Les données ADP (estimation mensuelle de l’emploi privé aux États-Unis) ont montré une hausse de 109 000 emplois en avril, contre 61 000 en mars, au-dessus du consensus à 99 000. Le président de la Fed de Saint-Louis, Alberto Musalem, a déclaré que l’inflation est « nettement au-dessus de l’objectif » et que l’« inflation sous-jacente » doit être surveillée (inflation hors éléments très volatils comme l’énergie et l’alimentation). L’attention se porte maintenant sur les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis jeudi, puis sur les chiffres officiels de l’emploi (Nonfarm Payrolls, créations d’emplois hors secteur agricole) vendredi.Enseignements des précédents pics géopolitiques
Une situation comparable avait été observée en 2025, lorsque l’EUR/USD avait bondi sur des rumeurs d’accord États-Unis–Iran, avant de reperdre du terrain. Ces épisodes montrent que les titres géopolitiques peuvent provoquer des mouvements rapides mais souvent temporaires si les données économiques ne suivent pas. Avec les tensions actuelles en mer de Chine méridionale, toute annonce d’apaisement pourrait déclencher un mouvement « risk-on » (retour vers les actifs risqués) et un recul ponctuel du dollar. Mais ces changements de sentiment peuvent s’inverser vite. Une hausse brusque de l’EUR/USD peut donc être vue comme une occasion de se repositionner en ligne avec la tendance dominante. Le contexte économique est différent de celui de 2025. Le pétrole WTI (référence américaine du brut) se maintient au-dessus de 85 dollars le baril, et le dernier indice des prix à la consommation américain (CPI, mesure de l’inflation au détail) ressort à 3,1%, un niveau qui entretient les inquiétudes inflationnistes pour la Fed. Cela tranche avec la chute du pétrole l’année dernière, qui avait nourri l’espoir de baisses de taux. Pour les intervenants sur produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme les options), cela peut signifier que vendre la volatilité (parier sur une baisse des mouvements de prix implicites) lors des rebonds de l’EUR/USD est une approche prudente. Vendre des options d’achat hors de la monnaie (call « out-of-the-money », dont le prix d’exercice est au-dessus du niveau actuel) ou mettre en place des « bear call spreads » (stratégie avec vente d’un call et achat d’un call plus haut pour limiter le risque) au-dessus d’une zone de résistance à 1,0950 permet d’encaisser une prime (revenu payé par l’acheteur de l’option) en misant sur l’essoufflement de l’optimisme. Le VIX (indice de volatilité implicite du S&P 500, souvent appelé « baromètre de la peur ») évolue autour de 14,5, un niveau bas mais susceptible de grimper sur une nouvelle, offrant parfois de meilleurs points d’entrée pour ce type de stratégie. En outre, l’écart de politique monétaire entre banques centrales est plus marqué. La Fed indique vouloir maintenir ses taux stables pendant l’été, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) se prépare à une possible baisse de taux en juillet, l’inflation en zone euro étant retombée à 2,2%. Cette différence continue de peser sur l’euro. Il faudra suivre de près les chiffres américains de l’emploi officiel (Nonfarm Payrolls) vendredi, le marché du travail restant déterminant pour les décisions de la Fed. Un chiffre solide renforcerait le scénario de taux élevés plus longtemps (« higher for longer ») et limiterait probablement toute hausse de l’EUR/USD liée au seul sentiment. En clair, les données économiques finissent souvent par l’emporter sur des titres géopolitiques de courte durée.
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