Les premières estimations (« flash ») des indices PMI (*Purchasing Managers’ Index*, des enquêtes mensuelles auprès des directeurs d’achats, considérées comme un indicateur avancé de l’activité) d’avril montrent un ralentissement dans la zone euro. Le PMI composite est passé en zone de contraction à 48,6 (sous 50, l’activité recule), une première depuis plus d’un an.
L’activité des services a touché un plus bas de plusieurs années, signe d’une demande des ménages en baisse. Le secteur manufacturier progresse légèrement, mais surtout sous l’effet des stocks et de craintes sur les chaînes d’approvisionnement (logistique et disponibilité des composants), pas grâce à une demande finale plus forte.
Les tensions sur les prix restent centrales : les coûts des intrants (énergie, matières premières, composants) repartent à la hausse, sur fond d’énergie plus chère et de perturbations d’approvisionnement. Les entreprises continuent de répercuter ces hausses sur les clients : les prix de vente (« output prices ») accélèrent au rythme le plus rapide depuis plus de trois ans.
Cet ensemble renforce le risque de stagflation (croissance faible avec inflation persistante), avec une demande qui se tasse alors que les coûts et les prix montent. Il place aussi la Banque centrale européenne face à un arbitrage : baisser les taux pour soutenir l’activité ou maintenir une politique monétaire restrictive (taux élevés pour freiner l’inflation).
Les actions européennes évoluent dans un contexte plus difficile : les marges sont sous pression, entre demande plus faible et coûts plus élevés. Les secteurs cycliques (sensibles à la conjoncture) sont les plus exposés si le pouvoir de fixation des prix (capacité à augmenter les prix sans perdre de volumes) s’érode.
Le DAX approche une zone technique clé, le retracement de Fibonacci 50 %–61,8 % (niveaux de correction couramment suivis en analyse graphique), entre 23 000 et 23 250 points. Cette zone coïncide aussi avec la VWAP ancrée (« anchored VWAP », prix moyen pondéré par les volumes calculé à partir d’une date de départ, ici les plus bas du 20 mars), et peut agir comme support à court terme ou, au contraire, déclencher un nouvel ajustement des prix.
Dans ce contexte, une manière directe de se positionner consiste à viser la volatilité (mesure de l’amplitude des variations de marché). L’indice VSTOXX, baromètre de la nervosité sur les actions européennes (volatilité implicite de l’Euro Stoxx 50, dérivée des options), est remonté de près de 15 l’an dernier à plus de 21 cette semaine, avec un potentiel de hausse supplémentaire. Acheter des contrats à terme VSTOXX (engagement d’achat/vente à une date future) ou des options d’achat (« calls », droit d’acheter à un prix fixé) permet de bénéficier d’une montée du stress de marché.
Sur le DAX, autour de 22 850 points, la zone 23 000–23 250 ressemble davantage à un plafond qu’à un point d’appui. Une stratégie consiste à acheter des options de vente (« puts », droit de vendre à un prix fixé) hors de la monnaie (« out-of-the-money », strike défavorable au cours actuel, donc moins chères), avec une échéance juin pour laisser le scénario se dérouler. Une cassure sous 22 000 points pourrait accélérer la baisse à mesure que les supports (niveaux techniques où les achats apparaissent souvent) cèdent.
Pour exprimer une vue baissière avec un coût initial plus faible, une vente de « call spreads » au-dessus de 23 250 (vendre un call et en acheter un autre plus haut pour limiter le risque) peut être pertinente. Cette position profite d’une baisse, d’une stagnation et du passage du temps (érosion de la valeur temps des options). La contraction de 0,1 % de l’économie allemande au premier trimestre 2026 renforce l’idée d’un essoufflement du potentiel haussier.
Au-delà de l’indice, l’environnement se prête aux « pairs trades » (positions acheteur/vendeur sur deux actifs pour jouer une performance relative) : une demande des ménages plus faible frappera certains secteurs plus que d’autres. Des structures d’options baissières sur les constructeurs automobiles et les valeurs industrielles (très sensibles au cycle) peuvent être envisagées, tandis que les secteurs défensifs comme la santé et les services aux collectivités (« utilities », électricité, eau, gaz) peuvent mieux résister.
Les signaux clés à surveiller sont les spreads de crédit (écart de taux entre obligations d’entreprises et obligations d’État, indicateur du risque perçu) et les préannonces de résultats (messages des sociétés indiquant en avance que les résultats seront au-dessus/en dessous des attentes). Si le coût de financement des entreprises remonte et que les sociétés abaissent leurs perspectives de bénéfices, le diagnostic sera confirmé.
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